Jardinons Nature   avec Bruno le jardinier   association loi 1901 créée en 2004 à Villeneuve d'Ascq - Nord France

 

 

 

 

LA BUTTE*

 

Ce monticule de terre ingrate

Nous n’avions qu’une hâte

Le transformer au plus vite

En un jardin qui se visite

 

Un chemin sinueux arpentait la pente

Offrant des perspectives intéressantes

Des terrasses avaient été édifiées

De chaque côté avec des pavés

 

Le moindre m2 de terre était occupé

Sur cette butte intelligemment agencée

Les fleurs spontanées côtoyant les importées

Mises en place avec soin par mes amis jardiniers

 

Il fallait avoir un cœur bien accroché

Pour s’aventurer sur ce terrain, le nettoyer

Maîtriser les adventices, exporter les déchets

Jacques et Christiane s’étaient bien débrouillés

 

C’était leur terrain de prédilection le matin

Ils en connaissaient chaque plante, chaque recoin

Notre homme n’était jamais en manque d’inspiration

Il avait même édifié un escalier pour faire une jonction

 

Nous espérions que ce coin de nature reste préservé

Des vues du proprio des lieux et de ses visées

Malheureusement il a bien fallu se résigner

Cette butte faisait de l’ombre à ses projets

 

Toute la terre a été évacuée sur deux ou trois journées

Des plantes, sauvées in extremis, ont pu être recasées**

Le terrain, si bucolique à l’origine, fut dévasté

Il en faudra du temps pour panser les plaies

 

Cette butte fleurie, qui allait être baptisée***, n’existe plus

Elle fait déjà partie des belles images d’un passé révolu

Tout comme le grand noyer**** dans la force de l’âge

Qui méritait ici aussi qu’on lui rende un hommage

 

Quelle leçon tirer aujourd’hui de ces événements

Qui ont marqué***** nos existences pendant longtemps

Des hommes ne sont toujours pas prêts pour la cohabitation

Avec Dame nature qui est un obstacle a leur ambition

 

Bruno le jardinier – le 15 novembre – pour Christiane et Jacques.

 * il existait, jusqu’au printemps 2010, une grande butte de terre derrière la Ferme du Sens.

** dans d’autres jardins. *** « Butte à Jacques ». ****Pour en savoir plus, lire mon poème intitulé  « le grand noyer ». *****…et marqueront.

 

LE GRAND CHENE

 

Quel âge peut-il bien avoir ?

A t’il poussé là par hasard ?

Est-ce une personnalité notoire ?

Le grand chêne* n’est pas bavard

 

Il s’élève au beau milieu des champs

Dans la verte campagne coberloise**

J’espère qu’il vivra encore longtemps

A la vue des animaux qu’il apprivoise

 

J’aimerai connaître son histoire

Etre son meilleur ami, son référant

Devenir son protecteur est illusoire

Je n’ai jamais eu cette prétention

 

Devant sa taille de géant débonnaire

On ne peut qu’être impressionné

Sans doute plusieurs fois centenaire

Il me suscite admiration et respect

 

S’il vous arrive un jour de le croiser

Ne le gravez pas de cœurs et de flèches

Il n’a que faire de vos naïves dépêches

Ces pratiques répétées peuvent le blesser***

 

Immortalisez le plutôt sur une photo

Avec vos proches et vos ami(e)s

Ou enlacez le très fort incognito

Il vous communiquera son énergie****

 

Il est devenu avec le temps mon ami

Comme mes fleurs je trouve qu’il sourit

J’éprouve parfois le besoin de lui parler*****

Avec un arbre aussi, on peut souder une amitié

*un énorme chêne pédonculé « Quercus robur » **Cobrieux, charmant village du nord de la France, dans le Pévèle, à mi-chemin entre Cysoing et la frontière belge. ***à plus ou moins long terme ces blessures peuvent fragiliser un arbre et même le condamner. ****Croyez moi, il sera très content de vous la communiquer, son énergie. *****C’est jeudi et il pleut. Malgré tout, j’ai enfilé mes bottes ce matin pour aller retrouver mon chêne.

 

Bruno le jardinier -le 5 novembre 2009 –

 

Les fruits du chêne, les glands - Le 11 octobre 2009 -

 

 

Le grand chêne posant avec ma compagne Véronique et mes deux enfants, Angéline et Ludovic - Le 11 octobre 2009 -

 

L’APPEL DU JARDIN

 

 

Plongé dans mon jardin plein de promesses

Un à un mes soucis de la veille disparaissent

J’arrive à oublier le temps qu’il fait et l’heure

Mes plantes ne m’apportant que du bonheur

 

Je voyage parmi mes fleurs en toutes saisons

Observant pour intervenir avec discernement

Essayant de ne pas commettre l’irréparable

Faisant aussi confiance aux plantes indésirables

 

C’est un état d’esprit qui m’anime, pas une technique

Ma fibre naturelle portée vers l’utile et le pratique

Prudent, je me méfie des recettes toutes prêtes

Mes créations se passant de théories indigestes

 

Grâce au temps clément, le jardin a gardé un bel aspect

Pourtant c’est la Toussaint, l’automne est bien installé

Vous pensez peut-être que je vais me reposer ???

S’il pleut, il reste des contingents de graines à trier

 

Aujourd’hui cette activité attendra car il fait soleil

En restant chez moi, je risque de prendre de la bouteille

Je n’abandonne jamais mon jardin pour très longtemps

Ce qui peut me faire arrêter, l’handicap ou l’accident

 

J’écris ces vers mais mon âme vagabonde cavalière

A la recherche d’images baignées de belles lumières

L’été dernier, j’ai pu en emmagasiner des centaines

Pour pallier au manque de clarté en hiver, quelle aubaine !

 

Bruno le jardinier – le 02 novembre 2009 – pour Dame Nature

 

JARDIN OUVERT

Comme il n’y a rien à cacher dans mon jardin

Il n’est pas entouré de barbelés vilains

On peut le visiter dans les moindres recoins

Je vous invite donc à venir le découvrir dès demain

Parole de jardinier, vous vous y sentirez bien

 

Si vous le désirez, je peux vous en brosser un dessin

Parler des plantes mises en scène en son sein

En général elles ne viennent pas d’horizons lointains

Toutes plantées ou semées un jour par mes soins

Certaines voyageant au fil des saisons, c’est leur destin

 

J’ai une seule hâte, le retrouver chaque matin

Eloigné de lui trop longtemps je ne vais pas bien

Travaillant avec Dame Nature main dans la main

Plutôt plus que de raison, en pensant à mes prochains

Prendre soin de la Terre n’est ce pas le plus beau des desseins ?

 

 

Bruno le jardinier – le 18 août 2008 -

Note : il s’agit ici, relaté dans mon texte, du jardin naturel de la ferme du Sens. Un nouveau jardin est en train de voir le jour, depuis le printemps 2008 sur la commune de Cobrieux, dans une autre ferme, la ferme Mession. Ma compagne Véronique s’y est beaucoup investi à mes côtés. Ouvert lui aussi, il n’a pas été conçu sur les mêmes bases car, à l’origine, il existait ici une pelouse tondue ras avec une bonne terre limoneuse en dessous. A la ferme du Sens, je m’étais retrouvé, en 1998, avec une friche qui en aurait rebuté plus d’un car elle poussait sur de la terre de remblais mélangée à d’innombrables déchets, souvent ultimes.

 

NOUVEAU JARDIN

 

 

Il s’agit d’un projet longtemps mijoté

Qui est né d’une passion faite de réciprocité

N’existant que chez des êtres passionnés

Ayant des points communs bien ancrés

Une énergie positive, une réelle complicité

 

C’est de notre nouveau jardin dont je veux parler

Réalisé par nous deux à la force du poignet

Il surprendra tout le monde car il est spontané

Fait de plantes ramenées et de graines germées

Il a de quoi surprendre en effet par sa générosité

 

On a tiré de belles lignes, tracé des carrés

Des rectangles, des triangles, des formes osées

Il s’apparente au style des jardins de curé

Tout en gardant toutefois son originalité

Nous vous invitons très vite à venir le visiter

 

Bruno pour Véronique, Jean-Pierre, Annie et Frédéric

– le 24 juin 2008-

 

Note : Il s’agit de notre jardin démarré au printemps 2008 chez nos amis Jean-Pierre et Annie à Cobrieux, qui possèdent la ferme Mession à la limite avec le village de Bachy : ferme que Jean-pierre, jeune retraité, est en train de restaurer. Ils nous ont prêté un grand bout de pelouse pour donner libre cours à notre désir commun de jardiner. Le jardin a très vite débordé sur le terrain du voisin, celui de Frédéric, souffleur de verre* de son état, qui s’est fait à cette bonne idée. Ce jardin pousse comme un champignon riche de mille couleurs, de mille saveurs. Véronique a pu goûté aux premières fraises fin mai. Je crois bien qu’elle n’en avait jamais mangé d’aussi bonnes de sa vie.

 

*pour info, il ne reste qu’une trentaine de souffleurs de verre, souvent des artisans comme Frédéric, disséminés sur le territoire français. Frédéric officie dans un grand hangart situé juste derrière la ferme de Jean-Pierre et Annie. Il se fera un plaisir de vous accueillir dans sa caverne d’Ali Baba pour parler de sa passion et travailler le verre sous vos yeux.

 

SANCTUAIRE

 

Au détour d’une petite route vilaine*

Adossé à une jolie ferme ancienne**

Bordé de champs de maïs pas marrants

Nous voilà découvrant un jardin étonnant***

Avec des fleurs joyeuses en avant-scène

Fréquenté la nuit par des lapins de garenne****

 

Le contraste est saisissant, pas anodin

Tant le paysage tout autour manque d’entrain

Du bétonnage vert à l’infini qui laisse froid

Laissant une nature fragile en plein désarroi

L’homme se soucie tellement de son gagne pain

Qu’il en est arrivé à faire des choix malsains*****

 

La faucheuse ne laisse pas la végétation s’épanouir

Sur les bas côtés des routes qui font pleurer à mourir******

Dernier espoir pour les fleurs sauvages qui indifférent

Pire on laisse en place toute cette matière nourricière

Ne permettant qu’à quelques plantes de se maintenir*******

Avouez quand même qu’on est en plein délire

 

C’est un tout autre monde que je suis en train de construire

Avec la beauté à la place de la laideur qu’il faut bannir

Privilégiant le mieux au plus qui créé l’insatisfaction

J’encourage les hommes à prendre les bonnes décisions

Ou du moins j’espère leur donner de bonnes idées à retenir

Pour les empêcher de détruire, à défaut de nuire********

 

Bruno le jardinier – le 7 juillet 2008 – pour Véronique, Ludovic, Jean-Pierre, Annie, Frédéric et Dame Nature.

 

Notes  :

*La rue du Fay à Cobrieux n’est pas belle. Comme elle a du être oubliée lors des travaux de voirie qui concernaient essentiellement le centre du village, elle réclame d’urgence une rénovation, car en ce printemps 2008, d’énormes trous se sont formés par endroits dans la chaussée ; les plus gros d’ailleurs en face de ce jardin que je suis en train de créer à la force du poignet et avec beaucoup de créativité. Faut-il attendre qu’il y ait un accident pour agir ? C’est maintenant l’été et les travaux n’ont toujours pas commencé. Pour l’heure, il faudra sans doute attendre encore un peu…en espérant qu’il n’y ait pas de bobos d’ici là.

**La ferme Mession, dernière ferme de Cobrieux située à la limite avec le village de Bachy. Elle appartient à Jean-Pierre et Annie nos amis.

***Etonnant ce jardin qui a poussé comme un champignon mais il en a déjà fallu à Bruno, Véronique , mais aussi à Ludovic et Angéline, mes enfants, des d’heures de travail et d’huile de coude versée pour en arriver là. Certains sont allés jusqu’à dire que ce jardin était du grand art, avec, il est vrai, quelques formes géométriques originales (+ de 40 au total). C’est surtout, et j’en suis fier, un nouveau sanctuaire pour la flore et la faune sauvage. Notre région en a bien besoin.

****Quelques tendres légumes ont failli faire les frais de leur gourmandise.

*****Du maïs et encore du maïs à perte de vue. C’est à croire que nous et les bêtes nous allons bientôt ne manger plus que cela. Quelques champs de patates et des céréales plus nobles sont à signaler toutefois par endroits (orge, blé). Le reste du paysage est clôturé avec des troupeaux de bovidés qui paissent, des prairies de fauche et des tonnes de fumier qui attendent en tas d’être incorporé au sol qui n’en peut plus de digérer toute cette matière organique. Comment voulez-vous, dans ces conditions extrêmes, voir encore des fleurs des champs et des papillons ?

******La fauche systématique des bas côtés et des fossés a du bon toutefois. Elle permet de mettre à jour les déchets qui ont été balancés par des gens peu regardant de leur personne et de leurs congénères. Nous subissons la vue de cette pollution visuelle quand nous nous promenons. Des déchets à la place des fleurs, c’est quand même triste. Cela me révolte à chaque fois car la nature, encore une fois, n’est pas une poubelle. J’ai déjà répété ce slogan à maintes et maintes fois.

*******Toujours les mêmes, les plus costauds : graminées, ortie, oseille sauvage, bardane, berce, renoncule. Quelle tristesse !

********Pas facile de faire changer à l’homme son fusil d’épaule. Cela demande du temps, beaucoup de temps et cela risque de s’avérer décourageant surtout s’il ne veut rien en démordre et reste sur ses positions. Nous nous heurtons ni plus ni moins à un mur.

 

Variations sur un bouquet 
 
Je contemple le bouquet 
Posé sur la table à côté 
Qu'elles sont jolies ces fleurs 
Disposées avec bonheur ! 
Ce mélange de couleurs 
Remplit mon coeur de chaleur 

Le rouge de la rose est pétant 
Celui du gerbera poignant 
Des fleurs de chrysanthèmes groupées 
Affichent des coloris nuancés 
Le jaune et le blanc dominent 
Le rose et l'orange fascinent. 

Seule fausse note à ce tableautin 
Ces corolles ne sont pas nées dans mon jardin. 
Coup de chapeau au fleuriste 
Qui s'est révélé un artiste 
Au jardinier maintenant 
De nous faire rêver autrement. 


 
Christiane, Jacques et Bruno le jardinier, le mercredi 25 - O2 -2009 
 
Note : Bruno qui a l'idée de croquer dans un poème le bouquet dominical de christiane et jacques. Mes deux amis chez qui j'étais l'hôte ce mercredi midi, ont participé activement avec moi à l'élaboration de ce projet qui est une première, vous vous en doutez. Les deux premières rimes sont de moi, les deux suivantes de Jacques, la cinquième et sixième de Christiane, et ainsi de suite. Elle n'est pas belle la vie avec la poésie ! 

 

 

POEMES DU JARDINIER

Mes poèmes ont le mérite d’être spontanés

Ecrits avec un état d’esprit particulier

Ils se démarquent de ceux qui sont sur le marché

Pas toujours aboutis à mon goût ou trop parfaits

 

Accessibles et porteurs de beaux messages

Je pars d’observations faites dans mon entourage

Les thèmes variants selon mes humeurs 

Le temps qu’il fait, l’actualité et l’heure

 

Je parle de la nature qui m’a beaucoup donné

Et des maux irréversibles dont elle est accablée

De ceux qui ont le mérite de compter pour moi

Même s’il m’arrive de ne pas les comprendre parfois

 

Ne pas s’endormir sur ses lauriers mais continuer d’écrire

N’est ce pas une belle ligne de conduite à tenir

Sans oublier le jardinage, la cuisine…la musique*

D’autres précieux alliés pour ma fibre poétique

 

Bruno le jardinier – le 11 février 2009 –  

Note  : étonné de savoir que Bruno a d’autres cordes à son arc !

 

Your Love's Return

Come to the door my pretty one
Put on your rings and precious things
Hide all your tears as best you can
Try to recall what used to be

Roses are waiting for dewdrops to fall
Climbing your windows and walls
Bells in steeple are ringing, singing
Listen to them talk about your love's return

Let me come in my pretty one
And try to undo what I have done
For I must be forgiven now
I cannot leave your love alove

Roses are waiting for dewdrops to fall
Climbing your windows and walls
Leaves in the garden are falling, calling
Listen to them talk about your love's return

Let me come in my precious one
Wake from your sleep and take me home
Open your eyes and look my way
I will not lose what I have won

Roses are waiting for dewdrops to fall
Climbing your windows and walls
Bells in steeple are ringing, singing
Listen to them talk about your love's return

Gordon Lightfoot – 1970 –

Votre amour est de retour

Venez à la porte ma jolie
Mettez vos bagues et vos précieux habits
Masquer toutes les larmes du mieux que vous pouvez
Essayez de vous rappeler ce qui était

Les roses sont en attente des gouttes de rosée
Escaladant vos fenêtres et vos murs
Les cloches sonnent et chantent
Écoutez-les parler, votre amour est de retour

Permettez-moi de venir ma jolie
Et essayer de défaire ce que j'ai fait
Je dois maintenant être pardonné
Je ne peux pas perdre votre amour

Les roses sont en attente des gouttes de rosée
Escaladant vos fenêtres et vos murs
Les feuilles dans le jardin tombent et vous appellent
Écoutez-les parler, votre amour est de retour

Permettez-moi de venir ma chère
Vous réveiller et vous emmener chez moi
Ouvrez vos yeux et regarder ce que je suis devenu
Je ne peux pas perdre ce que j’ai gagné

Les roses sont en attente des gouttes de rosée
Escaladant vos fenêtres et vos murs
Les cloches sonnent et chantent
Écoutez-les parler, votre amour est de retour

 

 Traduction Guy – La Madeleine –

pour Bruno le jardinier – mai 2009 -

 

 

CHRISTIANE ET JACQUES

 

Notre rencontre est peu banale

Elle a eu lieu dans un jardin* qui a une âme

Conçu par un jardinier original

Qu’il faut encourager quoi de plus normal

 

Après un premier contact amical

Et un échange de plantes qui fut équitable

La suite de notre histoire est à mettre dans les annales

J’ai choisi de la relater dans un poème en guise de journal

 

Christiane et Jacques apprécient mon jardin floréal

Atypique, exubérant, foisonnant, sensorial

Ils viennent s’y ressourcer chaque matin, c’est capital

Et y travailler dans la bonne humeur générale

 

Tous deux apportent une aide au jardinier loyal

Qui est à l’écoute de la nature qui régale

Le courage qu’ils déploient est phénoménal,

A mon contact leur vie bien tranquille exhale

 

Bruno le jardinier pour Christiane et Jacques - le 12 juin 2007

 *Le jardin de la Ferme du Sens

Note : on fait une rencontre et notre vie peut en être bouleversée, ou prendre un nouveau tournant. C’est ce qui est arrivé à mes amis Christiane et Jacques, qui habitent le quartier d’Ascq. Peu de personnes se sont investis d’une façon aussi désintéressée qu’eux dans mon projet de jardin et d’association qu’il faut tirer de l’avant. C’est très encourageant pour l’avenir. Merci à tous les deux. Bruno.

Ce poème, c’est ton cœur qui parle . Fasse le ciel que je l’entende encore longtemps, qu’il me laisse un peu de répit, j’ai encore tant de choses à faire, tant de choses à donner, tant de gens à connaître, Tant de gens à aimer.  

Christiane pour Bruno

 

 

LE PRINTEMPS

 

Un jour, comme dans un vieux roman

J’ai vu, sur un beau cheval blanc

Arriver un prince charmant

C’était Monsieur le Printemps

 

Il avançait un beau matin

Entre les haies du chemin

Quand tout à coup, près d’un vieux mur

Il rencontra Dame Nature

 

Elle était belle comme une fée

On aurait dit une mariée

Et dans ses yeux on pouvait voir

Toutes les merveilles d’une belle histoire

 

Ce qu’ils se dirent…Dieu seul le sait

En se parlant ils souriaient

Mais quand il l’a prise dans ses bras

La terre frissonna sous leurs pas

 

A l’instant même de leur baiser

Un oiseau se mit à chanter

Et les doux rayons du soleil

Tirèrent les plantes de leur sommeil

 

Les arbres se disaient bonjour

Des fleurs s’éveillaient tout autour

Cela était si merveilleux

Que je n’en croyais pas mes yeux

 

Un doux parfum flottait dans l’air

Et moi, je marchais sur la terre

J’étais heureux de voir tout ça

Je me sentais si bien là-bas

 

C’était un rêve me dira-t-on

Ou bien trop d’imagination

Ces choses-là n’arrivent pas

Comment pouvez-vous croire à ça ?

 

Pourtant, je sais que certain soir

Quand sous les arbres je vais m’asseoir

Je sens parfois autour de moi

Des choses si belles que je les vois

Mr Jean-Paul Dumas - 4420 Saint-Nicolas - Belgique

 

 

PAROLES INDIENNES

 

Voyez, mes frères, le printemps est venu ;

la Terre a reçu l’étreinte du Soleil

et nous verrons bientôt les fruits de cet amour.

Chaque graine s’éveille

et de même chaque animal prend vie.

C’est à ce mystérieux pouvoir

que nous devons aussi notre existence ;

c’est pourquoi nous concédons à nos voisins,

même à nos voisins animaux,

le même droit qu’à nous d’habiter cette terre.

Pourtant, écoutez-moi, vous tous,

nous avons maintenant affaire à une autre race –

petite et faible quand nos pères l’ont rencontrée

pour la première fois,

mais aujourd’hui grande et arrogante.

Assez étrangement,

ils ont dans l’idée de cultiver le sol

et l’amour de posséder

est chez eux une maladie.

Ces gens-là ont établi beaucoup de règles

que les riches peuvent briser

mais non les pauvres.

Ils prélèvent des taxes

sur les pauvres et les faibles

pour entretenir les riches qui gouvernent.

Ils revendiquent notre mère à tous,

la Terre, pour leur propre usage

et se barricadent contre leurs voisins ;

ils la défigurent avec leurs constructions

et leurs ordures.

Cette nation est pareille

à un torrent de neige fondue

qui sort de son lit

et détruit tout sur son passage.

Nous ne pouvons vivre côte à côte.

 

Paroles de Sitting Bull, Chef Sioux Hunkpapa – 1875.

 

 

NOUS SOMMES RECONNAISSANTS

Nous remercions la Terre, notre mère,

pour la nourriture qu’elle nous procure.

Nous remercions les fleuves et les ruisseaux

pour l’eau qu’ils nous procurent.

Nous remercions les herbes

pour la guérison qu’elles nous procurent.

Nous remercions les céréales, les haricots, les courges

et les abeilles qui nous font offrande de leur miel

et nous conservent ainsi la vie.

Nous remercions les buissons et les arbres

pour les fruits qu’ils nous procurent.

Nous remercions le vent

qui remue l’air et éloigne les maladies.

Nous remercions la lune et les étoiles

pour la lumière qu’elles nous procurent

après le coucher du soleil.

Nous remercions le soleil amical

qui rayonne sur la terre.

Nous remercions la pluie

qui nourrit nos champs de son eau précieuse.

Nous remercions avant tout le Grand Esprit

qui réunit tous les bienfaits en lui et gouverne

pour le bien-être de ses enfants.

 

Prière des Iroquois

 

 

LE GRAND NOYER

 

Pour info, il vous reste encore quelques jours pour l’admirer

A partir de juin, le noyer du jardin naturel risque de tomber

Sa fin est programmée avec celle des jardinets alentours

A leur place s’élèvera la nouvelle boulangerie et ses fours

 

C’est devenu une mode d’investir dans l’immobilier

Ceux qui détiennent l’argent n’en ont jamais assez

La nature semble avoir moins d’importance à leurs yeux

Qu’un bâtiment qui peut générer des profits juteux

 

C’était de loin le plus grand arbre du jardin naturel

Pas encore adulte, il s’élançait déjà vaillamment vers le ciel

Nous offrant en octobre d’honorables récoltes de noix

D’énormes fruits qui en laissaient plus d’un(e) sans voix

 

N’y avait-il pas d’autre alternative à ce massacre organisé

Car pour moi, abattre un arbre en pleine vigueur touche au sacré

Je vois déjà ceux et celles en colère se lever de leur siège

D’avoir perdu un ami généreux, ils vont crier au sacrilège

 

Bruno le jardinier – le 26 janvier 2008 -

 

 

 

Moi Rose

Moi Rose
Merveille du matin
L’éveil du jardin.
Moi Rose, est-ce pour rien ?
J’explose de mon écrin.
Je m’offre à ton regard,
A l‘abeille, mon nectar
De ma couleur je me pare
Après cette nuit noire.
Et tout se justifie
Car enfin, tu souris.
En cet après-midi,
Ton cœur est bien moins gris.
De cette rosée qui scintille,
Pour toi, je me déshabille
Sous le soleil qui brille
Et là, tes yeux pétillent.
Puis je me cache, je repars
A la tombée du soir
Mais pour toi, plus de cafard
Car tu connais l’histoire.
Merveille du matin,
Eveil du jardin
Moi Rose, c’est mon destin
Je serai là demain.

Vincent Rock - janvier 2009 - pour Bruno le jardinier -

 

 

 

 

Jardinier né

 

Avouez que je fus bien inspiré

En rejoignant le clan des jardiniers

D’aussi loin que remonte ma mémoire

Je n’ai jamais cessé d’y croire

 

L’exemple même du jardinier incarné

Qui déteste le travail bâclé

Aimant trop la vie pour s’amuser à nuire

Observant toujours avant d’intervenir

 

Si mes fleurs sont, parait-il, si belles

C’est qu’elles disposent de l’essentiel

J’ai ajouté une touche de spiritualité

En prenant l’habitude de leur parler

 

Adepte d’une certaine forme d’exubérance

Partisan de la biodiversité et des alliances

J’aime donner libre cours à la créativité

Le résultat final ne manquant pas d’originalité

 

 

Bruno le jardinier – le 19 janvier 2009 –

 

 

 

JANVIER AU TISON

 

L’année 2009 a démarré sous un froid glacial (1)

Pour un mois de janvier, quoi de plus normal !

Les saisons n’ayant cependant plus rien de rationnel

Cet épisode avait quelque chose d’exceptionnel

 

Pendant que certains affrontaient sans préjugés le gel

D’autres hibernaient au chaud ou sous d’autres ciels

Pourtant, dans un jardin, n’y a-t-il pas toujours à faire !

Du printemps à l’automne…mais aussi en hiver !

 

La froidure n’a pas trop contrarié mes projets

L’occasion était rêvée pour nettoyer les massifs et tailler

Alimenter les mangeoires destinées aux oiseaux

Prendre de l’avance en planifiant certains travaux

 

Le 16 janvier la température était déjà plus clémente

A l’occasion de l’A.G. (2) de notre association résistante

Le mot du président fut prononcé, les dates programmées

Les membres du bureau renouvelés (3), suivi du pot de l’amitié

 

Attendons maintenant la suite des événements

En essayant de sortir indemne de cet hiver languissant

Qui a affecté de nombreux organismes vivants

Mettant sur la touche les moins résistants

 

En observant les gros bourgeons gonflés de sève

Et les premières fleurs qui ont déjà oubliées la trêve (4)

De les voir fleurir au cœur de l’hiver sans complexes

Cela ferait presque oublier au jardinier qui vous parle le reste

 

Bruno le jardinier le 18 janvier 2009  

  • Il y a longtemps que nous n’avions connu des températures aussi basses et étalées sur une bonne dizaine de jours. Cela aura peut-être le mérite d’éliminer certains insectes nuisibles sensibles au froid, vulgairement traités de « vermine ».
  • L’assemblée générale se tenait cette année dans une salle de la mairie de Tressin qui nous avait été gracieusement prêtée par le maire de cette charmante localité.
  • Georges Novel, notre premier vice président, a quitté le bureau pour raison de santé. Paulette Damez se retrouve parachutée à ce poste.
  • Je parle de la trêve hivernale. Eh non, je n’ai pas rêvé, j’ai aperçu les premiers perce neige et même des primevères en fleurs dans des jardins bien exposés à la mi-janvier.

 

Meilleurs voeux à notre Président

 

Bonjour Bruno,

Comme il est de coutume

à mon tour de te souhaiter

une excellente Année

En reprenant ma plume,

Que puis-je te souhaiter pour 2009 ?

Si ce n'est un jardin tout neuf

Combattre l'avancée du bitume

Avec une santé d'enfer

Il y a tant à faire !

Peut-être déjà tu humes

le parfum du printemps

Mais il n'est pas encore temps.

Il faut encore que tu assumes

Pour Jardinons Nature

Avec le discours du Président

Laissons finir l'hiver,

Il reste si peu de vert

givré et ourlé de blanc

 

Meilleurs voeux à toi et à tous ceux qui t'entourent.

Amitiés,

Christiane, le 3 janvier 2009

 

LA FLEUR

 

La fleur,
Je la croyais fanée,
Et pourtant je regarde la clarté,
Cette luminosité qui enveloppe cette beauté.
Son être tout entier s’est transformé
Pour me faire réagir et m’entendre clamer :
« Fleur, tu vis dans mon jardin secret
Où seules, douceur, volupté et plénitude peuvent régner.
Fleur, je te croyais perdue,
Et de mon trône, j’en ai perdu la vue
Je comprends seulement maintenant…
Tu renais de plus belle dans mon jardin qui t’est fidèle.
Une fleur, mon bonheur,
Et de larmes, j’en pleure.
Une fleur, quelle splendeur,
Et ma colère se meurt.
Une fleur, une lueur,
Qui jaillit dans mon cœur.
Alors j’éclaire le monde,
J’irradie l’univers, le néant, l’obscur,
Pour faire renaître la nature,
Pour enfin, de nouveau te découvrir pure,
Immortelle, sauvage et rebelle…
Une fleur, ta beauté m’embrasse
Et me remplit de chaleur.
Comme toi, je revis de mes cendres
Et j’attends que des bras se tendent
Pour me donner l’amour
Qui me fera grandir et m’épanouir
Devant ton si beau sourire… »
Une fleur vient d’éclore
Et son cœur s’endort
Au creux de mes mains.
Soulagé par cet effort
Je sais qu’elle renaîtra encore
Dans le plus beau des jardins…
 
Enrika Avisse le 15 novembre 2006 pour Bruno le jardinier

 

 

 

 

 

DE LA PREHISTOIRE A L’APRES HISTOIRE

 

1-PLANETUM

Quand la pomme était bleue,

Il y a quelque temps

Les hommes si peu nombreux

En ce monde, débutants,

Vivaient en survivance

De cueillette et de chance

Au hasard des buissons

Au rythme des saisons.

2-PLANETE-HOME

Quand la pomme fut verte,

Au gré des découvertes

Elevages et cultures

Changèrent la nature.

Les hommes immobiles

Vivaient en suffisance

De blé, d’orge et de miel

De récoltes en semences.

3-PLANETE-HOMME

Quand la pomme devint rouge

Comme l’acier que l’on fond

Nous étions des millions

A vivre dans ce bouge

D’une nature souveraine

Maintenant asservie.

Les hommes destructeurs

Vivaient en abondance

Pillant en quelques heures

Ce monde d’espérance.

4-PLANETE-OM  

Quand la pomme sera noire

Etoufféepar les hommes

Qui n’auront pas su voir

En cet ultimatum

« Vivre en intelligence

Avec la nature »

Comme une dernière chance

Pour avoir un futur,

Alors disparaîtront

De cette planète mère

Une race éphémère

D’étranges trublions

Les seuls pour tout dire

Qui n’avaient pas compris

Qu’à trop vouloir grandir

On courre à l’agonie.

 

Eric Vourron (La Roche Bernard –56) pour Bruno le jardinier – 2006 -

 

 

 

PREMONITION

 

 

 

Il y a des rêves qui sont enfouis

Au plus profond de nous, bien à l’abri

Il peut suffire d’une étincelle

Pour les remettre un jour en selle

 

Comme celui qui me prédisait

Il y a de cela quelques années

Que j’allais devenir un grand jardinier

Il ne s’était pas beaucoup trompé

 

Après cet épisode exceptionnel

Qui a un lien direct avec le spirituel

J’allais rencontrer un homme providentiel*

Qui avait un don pour le relationnel

 

Me voici retrouvant les bancs de l’école

A quarante deux ans, j’avais du bol

Avec la création d’un jardin en parallèle

Entièrement tourné vers le naturel

 

De nouveaux rêves colorent mes nuits c’est troublant

Avec des scénarios pour le moins déroutants

Sans trop m’avancer, j’ai envie de dire en conclusion

Qu’il ne faut pas prendre à la légère la prémonition

 

 

Bruno le jardinier le 18 Décembre 2008

 

 

*Thierry Decoster, tout d’abord tuteur de ma formation à Genech Formation puis mon patron depuis septembre 2000.

Je vous invite à écouter en complément de ce texte la très belle chanson de Pierre Rapsat "Tous ces rêves sont en nous..." :

 

 

 

 

 

 

POLYCHROME

 

 

Certaines personnes ne jurent que par le pain*

D’autres ne se sentent bien que dans un jardin

Ce n’est pas une raison pour ignorer son voisin

La terre étant remplie de destins hors du commun

 

Observons le travail exemplaire des abeilles

Volant sans repos de fleur en fleur dans le soleil

Des hommes sans scrupules attirés par l’argent

Les empoisonnent à petit feu avec des poisons**

 

Quand j’observe le monde qui m’entoure j’ai de la peine

Car des menaces pèsent sur lui dans beaucoup de domaines

On est en train de tout calibrer, uniformiser, aseptiser

Ne faut-il pas plaindre ceux qui ne sont pas encore nés !

 

On va me prendre sans doute aujourd’hui pour un illuminé

Car c’est dans un monde polychrome que j’aimerai me retrouver

Une espèce de rebelle sorti des critères stéréotypés actuels

Se démarquant des autres que je juge à mon goût trop virtuels***

 

 

Bruno le jardinier pour Thierry – le 4 décembre 2008 -

 

 

*le pain aliment tabou. Difficile, c’est vrai, d’en trouver du bon de nos jours. Thierry D. a réussi ce pari et ceux qui ont goûté un jour à son pain peuvent en devenir accro. Je comprends cela car c’est mon cas. J’ai toujours dit et je ne me trompe pas trop en disant que le pain de Saveurs et Saisons est le meilleur de toute la région.

 

**Ils ont bon dos les pesticides. Ce sont toujours eux qui sont pointés du doigt en premier quand on dénonce la pollution. Il y a hélas toutes les autres formes de pollutions qui voyagent et se propagent partout, même au pôle nord, avec le vent et dans l’eau : oxyde de carbone, solvants, dioxines…etc. En se mélangeant toutes entre elles, ces pollutions créent des cocktails explosifs dont nous ne connaissons pas encore tous les effets sur la santé. C’est très inquiétant car des espèces animales sont en train de disparaître et l’abeille, dans ce domaine, est tout un symbole à elle seule. Un slogan très fort a été dernièrement déployé par les apiculteurs en colère qui dénonçaient la sortie d’un nouvel insecticide systémique, le Cruiser, autorisé par le gouvernement : « Les abeilles aujourd’hui, nos enfants demain ». Après le Gaucho et le Régent, la coupe semble pleine. STOP !

 

*** trop de puissances et de richesses accumulées, trop de belles paroles prononcées et pas assez d’actes concrets qui en valent vraiment la peine. L’essentiel n’est pas dans les paroles mais dans les actes disait un imminent homme politique disparu dont je ne me rappelle plus le nom. Dans la foulée, j’ai aussi envie de reprendre ce proverbe chinois qui dit ceci. Il est à l’attention des personnes qui devraient tourner plusieurs fois leur langue dans la bouche avant de parler.

« Si ce que tu as à dire est moins beau que le silence, alors tais-toi »

 

 

MERLE MOQUEUR* © Yves Thonnerieux

Merle noir «  Turdus merula » ( ordre : passériformes, famille : turdidés)
© Yves Thonnerieux

 

Le jardin compte un nouvel hôte ailé

Un jeune merle au plumage noir de jais

J’observe sa présence depuis plusieurs jours

Cet oiseau a dans son sac plus d’un tour

 

C’est sans doute l’arrivée d’un froid plus intense

Qui nous vaut l’honneur de sa présence

Traversant le jardin d’un vol bas et leste

Il scrute mes moindres faits et gestes

 

Il se nourrit à cette époque de baies et fruits sauvages ,

Mais également des miettes qui traînent dans les parages.

Moi je lui offre un croûton ou une couenne de jambon,

Autant de petits gestes qui s’apparentent à des dons

 

On peut encore en cette saison poser des nichoirs

Et ne pas oublier d’alimenter les mangeoires.

Pour éviter que des oiseaux trépassent,

Ne faudrait-il pas se mettre à leur place !

 

Bruno le jardinier – le 14 décembre 2008 -

 

 

* Le Merle noir appelle, babille, flûte, siffle. Le cri du merle noir comprend un bas "chuck-chuck-chuck", accéléré en un bavardage hystérique quand il est en alerte ; bavardage qui peut s’apparenter à une moquerie. Le cri en vol est ténu et tremblotant. Souvent entendu au crépuscule, le continuel "pink-pink-pink" est aussi un cri d'alarme et le cri émis avant la nuit. Le chant, lancé d'un perchoir exposé, est une belle série de notes mélodieuses et flûtées, des notes claires et sonores formant des phrases, avant de se terminer par une pause et de reprendre.

 

 

QUOI DE NEUF !
 
 
Pourquoi m’évertuerai-je bêtement
A passer mon temps en rajoutant des accents*
Là où il n’y en avait pas auparavant
N’y a t’il rien à faire de plus important !
 
Comme parler de toi, ma chérie, sans transition
De mon jardin exubérant ou de mes enfants
D’images vivaces du passé et encore du présent
De l’avenir inconnu qui est à juste titre inquiétant
 
Avec ta grâce naturelle sans faux semblants
Ton amour de la vie que je trouve réconfortant
Je me sens transporté vers de nouveaux horizons
Faits d’abnégation, de complémentarité, de passion
 
Quoi de neuf à mentionner sur ce jardin foisonnant*
Qui est pour moi une source perpétuelle d’inspiration
J’aimerai tant qu’il suscite de réelles vocations
Dans les domaines de la nature et de l’environnement
 
Je ne peux pas faire abstraction de mes enfants
Ils sont à la fois si proches et moi si distant
Que doivent-ils penser de leur papa absent ?
J’ai parfois du mal à vivre cette nécessaire séparation
 
Moi qui vis aujourd’hui dans un monde déstabilisant
Dans lequel on ne prête de l’argent qu’aux puissants
Qui est en train de se dégrader tout en s’appauvrissant
Sauver ce qui peut l’être restera ma philosophie, ma mission
 
Bruno le jardinier – le 11 décembre 2008 -

*ne faut-il pas se limiter à ce qu’on sait faire vraiment et le faire à fond, en n’ajoutant pas toujours de nouveaux challenges qu’on aura du mal à honorer ou que certaines personnes aventureuses vous demandent d’endosser à leur place.
**rien je pense qui n’a été déjà dit auparavant. Il vit tranquillement sa vie mon jardin sauvageon et je sais qu’il a encore de beaux jours devant lui. Un jardin c’est vivant, en perpétuelle évolution, fait aussi parfois d’innovations concertées et réfléchies. A ma mort quelque chose survivra…peut-être !  J’aurais ess ayé, tout au plus, de laisser une trace

 

APPROACHING LAVENDER / APPROCHER LA LAVANDE

- Gordon Lightfoot traduction à la suite du texte par Jean-Michel – Lille – pour Bruno le jardinier – Octobre 2008 -

 

If youd like to spend the afternoon approaching lavender

Youll feel just fine but one things sure

Youll never be the same

If youd like to try your hand at understanding lavender

Then you must be very sure

That life is not a game

 

You might even learn a thing or two approaching lavender

Youll soon be on a one night tour

Forgetting your own name

You wont need a reason just to be alone with lavender

For the light so warm and pure

Will draw you like a flame

 

The colors that surround you there will be the shade of lavender

Shadows dancing everywhere

Like flowers in the rain

You will find your tongues on fire while lying next to lavender

With words you never spoke before

And will not speak again

 

Oh sweet lavender I understand you perfectly

There is no way that I can see

You living by yourself

Oh sweet lavendar I must be with you constantly

Your presence means so much to me

Much more that life itself

 

Oh sweet lavender as fragrant as the name you bear

Please cast away the clothes you wear

And give your love to me

Oh sweet lavender your smile is like the golden sun

Id love to see you laugh and run

As naked as the sea

 

If youd like to spend the afternoon approaching lavender

Dont try and get the best of her

She will not share the blame

If youd like to try your hand at understanding lavender

Then you must be very sure

That life is not a game

There is no shame

TRADUCTION de "APPROACHING LAVENDER"

 

S’il vous prenait l’envie d’une rencontre avec la Lavande au cours d’un bel après-midi

Vous vous sentiriez bien c’est sûr mais une chose le serait aussi

Vous seriez changé à jamais !

Si vous essayiez de comprendre la Lavande

Alors vous seriez assuré que la vie n’est pas un jeu vain

 

Vous apprendriez même une chose ou deux en approchant la Lavande

Vous entreprendriez un voyage nocturne

Oubliant jusqu’à votre propre nom

Vous n’auriez pas même besoin d’une bonne raison pour un tête à tête seul avec la Lavande

Car sa lumière si chaude et pure

Vous attirerait comme la flamme

 

Les couleurs vous entourant auraient les nuances de la Lavande

Des ombres danseraient partout

Comme les fleurs sous la pluie

Vous sentiriez vos langues en feu couché près de la Lavande

Et trouveriez en vous des mots que vous n’avez jamais prononcé et ne prononceriez jamais plus

 

Oh douce Lavande je te comprends

Je ne peux te voir vivre par toi-même

Oh douce lavande je dois être prés de toi toujours

Ta présence compte tant pour moi

Plus que ma vie même

 

Oh douce Lavande aussi parfumée que ton nom

Retire les atours dont tu te pares

Et donne-moi ton amour

Oh ma douce Lavande ton sourire est un soleil d’or

J’aime te voir rire et courir

Aussi nue que la mer

 

S’il vous prenait l’envie d’une rencontre avec la Lavande au cours d’un bel après-midi

N’essayez pas et prenez d’elle le meilleur

Elle n’aura ainsi pas à partager les torts

Si vous essayiez de comprendre la Lavande

Alors soyez bien sur que la vie n’est pas un jeu vain

Et qu’il n’y a pas de honte

 

 

 

JARDIN BLEU

Une amie me parla un jour d’un jardin bleu
Qui prenait beaucoup d’importance à ses yeux
Prenant au mot cette dame attentionnée
Je lui demandais d’écrire un poème bien ficelé
Joliment brocardé de fleurs bleutées

Ne voyant rien venir, il fallait bien réagir
Essayer de composer à sa place sans faillir
L’occasion était trop belle, le sujet beau à mourir
Me voilà donc à mon tour en train de réunir
Une liste de fleurs bleues pour séduire

Je le conçois accueillant ton jardin douce amie
Fait de multiples variétés de plantes réunies
Se déclinant dans la couleur que tu chéris
Il m’incombe d’en donner un détail précis
Pour qu’on puisse se faire une idée définie

Violettes, myosotis, muscaris et pensées débuteront l’année*
En compagnie des fleurs d’ancolies qui ressembleront à des cornets
Quelques jacinthes formeront de grandes nappes bleues violacées**
Attention à la grande pervenche qui aura tendance à s’étaler
La pulmonaire dévoilera ses jolies feuilles ponctuées
On aimera ou détestera le céanothe, à la floraison métallisée

***L’été verra poindre l’iris, la buglosse et la centaurée
Mais aussi les fleurs plus délicates du polémoine et du bleuet
Bourraches, campanules, népétas étalés, aconits casqués
Se mélangeront aux sauges, lavandes, véroniques en épis dressés
Aux fleurs de nigelle et de lin pleines de finesse, de légèreté

****En automne le choix sera forcément plus limité
Néanmoins il y aura les asters généreux pour nous sauver
Et la succise encore nommée « Mors du diable » s’il vous plait
Des fleurs d’été joueront les prolongations c’est obligé
Comme il n’y a plus de saisons le jardin sera toujours coloré

J’avais encore envie de dire à cette dame et son mari*****
Qu’ils ont dans mon cœur fermé une place bien impartie
Sans eux le jardin de la ferme******ne serait pas si abouti
Ils donnent un sérieux coup de main au jardinier qui officie ici
Je vous aime mes amis, j’ai besoin de vous, Bruno vous dit MERCI…

Bruno le jardinier, pour Christiane, Jacques et Dame Nature
Le 22 octobre 2008

*d’autres fleurs de printemps se déclinant dans des coloris bleus : anémones pulsatile et hépatique, lilas, romarin, lierre terrestre, bugle…
**au bout de plusieurs années.
*** d’autres fleurs d’été se déclinant dans des coloris bleus : gentianes knauties, raiponce (une campanule), hysope, chardons et echinops, grémil, phacélie, brunelle, géranium, globulaire, céanothes d’été, consoude, chicorée, pied d’alouette…
****l’automne puis l’hiver, deux mois difficiles pour les fleurs…bleues. Vous en êtes certainement une aussi, chère madame.
*****Jacques, le mari de Christiane. C’est lui qui est en train de transformer une butte ingrate en paradis.
******la ferme du Sens, encore et toujours.

FINE AS FINE CAN BE

 You’re as soft as the rose Tu es comme le velours de la rose You’re as sweet as the honey Aussi douce que le miel You’re as warm as the bright morning sun Aussi chaude que l’éclat du soleil le matin You’re as cool as the breeze on the last days of April Aussi fraîche que la brise aux derniers jours d’avril You’re as fine as fine can be Tu es la merveille des merveilles  You’re like time is to space Tu es ce que le temps est à l’espace You’re like faith is to trustin’ Comme la foi à la confiance You’re like blue is to feelin’ unkind Comme l’innocence à la méchanceté You’re like joy is for love Tu es ce que la joie est à l’amour You’re like dreams are for chasin’ Comme les rêves qu’on poursuit You’re as fine as fine can be Tu es la merveille des merveilles  And when I am gone my thoughts are all with you Et quand je pars mes pensées sont toutes à toi You’re my little angel you see Tu es mon petit ange vois-tu You’re bright as the moon Tu es aussi lumineuse que la lune You’re as light as a feather Tu es aussi légère qu’une plume You’re as fine as fine can be Tu es la merveille des merveilles Like the rain is for the crops Comme la pluie est aux moissons You’re like food for my thoughts Tu nourris mes pensées You’re like true is for knowin’ what’s not Tu es ce que la vérité est à l’incertitude You’re like leaves are for trees Tu es ce que les feuilles sont aux arbres You’re like bees are for buzzin’ Tu es ce que le bourdonnement est aux abeilles You’re as fine as fine can be Tu es la merveille des merveilles  You’re bright as the moon Tu es aussi lumineuse que la lune You’re as light as a feather Tu es aussi légère qu’une plume You’re as fine as fine can be Tu es la merveille des merveilles

 

 

Gordon Lightfoot – 1975 – Traduction : Eliane (Tourcoing) – 2004 –

Pour Bruno le jardinier

 

Gord speaks out about his music : Dedicated to my daughter Ingrid, who is now in her early thirties and has given me two grand-children , I haven’t written songs for all of my children – not that I don’t want to, but the song has to be right. All I need is time...unlimited time.

 

 

AVIS DE TEMPETE

Sans relâche, ces jours derniers, le vent s’est remis à souffler.

Par endroits, les tempêtes n’ont rien épargné

Elles vont hélas souffler de plus en plus fort chaque année

Car il n’y a plus assez d’arbres et de haies pour les arrêter

La faute en incombe à l’homme qui n’a toujours pas trouvé la paix

Il ne respecte pas « Dame nature » qui est en train d’asphyxier

Continuant à décimer de par le monde bois et forêts

Pour s’octroyer toujours plus de terres qu’il faudrait protéger

 

Notre terre nous dit depuis longtemps qu’elle en a assez

Elle nettoie inlassablement la pollution, digère les déchets

Que l’homme rejette un peu partout, en toute impunité.

Les signaux sont nombreux, ils devraient nous alarmer

Incendies, tremblements de terre, inondations, raz de marées

Réchauffement de la planète, fonte des glaciers

Désertification, espèces et vies sur terre menacées

 

S’accommodant des causes et s’affectant des effets

A cela l’homme semble malheureusement habitué

Baisser les bras, c’est manque de sérieux, de courage, de volonté

Il faut prendre des mesures concrètes, ne pas émettre que des idées

Tous ensemble solidaires et pas chacun de notre côté

Le temps n’est plus à l’inaction, on a assez tergiversé

Est-il trop tard pour prier ? La prière n’est pas la panacée

 

Un gros désastre écologique est en passe d’arriver

Nous ne serons malheureusement pas épargnés

C’était et c’est à nous de ne pas reproduire les erreurs du passé

Donner l’exemple, même si cela nous semble un peu vieux jeu désuet

Reste et restera malgré tout une bonne démarche à encourager

 

Bruno le jardinier - le 13 janvier 2007 -

 

AUTRE TEMPS / AUTREMENT

Elle n’est pas éloignée l’époque où je prenais tout mon temps,

C’est un peu vaniteux de dire que je jouissais de chaque instant,

J’avais de l’énergie à revendre, de l’ambition,

Pour honorer toujours plus de projets, de missions.

Dire « NON » à quelqu’un était l’exception, tout était si attirant.

En contrepartie, je ne pensais pas à moi véritablement,

Je finissais par manquer de sommeil, par m’épuiser physiquement.

C’est tellement facile pour certains de profiter des gens.

C’est même, on peut le dire, devenu un jeu d’enfant.

Les bonnes âmes nées qui s’y prêtent facilement,

Sont des proies faciles qui ne résistent pas longtemps,

A la flatterie, aux compliments, aux sentiments,

Plus grave, à ce que je qualifierai d’acharnement.

Pour endoctriner quelqu’un définitivement,

Ne suffit-il pas d’être avant tout convaincant ?

 

J’avais un téléphone portable qui résonnait dans le jardin étrangement.

On m’en avait offert un parce qu’à l’époque c’était dans le vent.

Cà l’est toujours d’ailleurs, ce qui est inquiétant.

Décrocher quand on a les mains dans la terre ce n’était pas évident.

Dans ces conditions, il me fallait rappeler plus tard mes correspondants,

Ne pas oublier de le recharger périodiquement,

D’où une perte de temps et d’argent.

Je ne veux plus de portable parce que cela rend, parait-il, impuissant.

C’est une révélation qui m’a été faite par un médecin éminent.

 

Avec l’arrivée d’internet dans ma vie, je suis vite devenu dépendant.

La tête chargée d’images, je dormais mal la nuit, sujet aux insomnies, aux palpitations.

Les mêmes symptômes se produisent chez moi si je reste cloué le soir devant la télévision,

Quand on assiste à une émission avec des excités ou à un film d’action :

De toute évidence, il faudrait les utiliser avec modération

 

Aujourd’hui, quand on me sollicite pour un salon, pour faire la fête ou une autre mission,

J’y regarde à deux fois avant de dire « OUI » systématiquement.

Je n’ai plus envie de m’avancer dans la précipitation ?

Au détriment de ce que je juge à mes yeux important :

Ma santé, ma compagne, la nature, mes enfants…

Tout faire est irréalisable, inconcevable, déprimant,

Et laissera de toute façon toujours un goût d’insatisfaction.

 

Et puis il y a toi qui courait aussi dans toutes les directions.

J’ai réussi à t’apprivoiser, mais en partie seulement.

Tu as besoin de liberté, de concessions, j’en suis conscient.

Je ne dois pas l’ignorer, ni empiéter sur tes plates bandes dorénavant,

Car dans la réalité je risque de te perdre définitivement.

S’il m’est déjà arrivé de t’indisposer en étant trop pressant,

Rassures-toi, c’est parce que je t’aime passionnément,

Et que je n’ai pas envie de te perdre bêtement.

Ce que je vais m’efforcer de faire assidûment,

C’est d’être avec toi un mutant intelligent et patient,

En laissant au temps le soin de renforcer nos serments.

Bruno le jardinier pour Véronique - le 22 01 2007 – Ressentiment -

 

 

AU PORTAOU ( au vieux porche)

Comme dans d’autres lieux de ce beau pays

Qui ont su conserver une âme, une histoire, de la magie,

On se retrouve et on repart du Portaou tout ébaubi

Comme si on franchissait la porte d’un paradis

 

Il s’agit de la demeure de Patricia et Hans nos amis

Qui tiennent en Lozère un gîte et une table d’hôtes réunis

On vient ici pour goûter aux plaisirs simples de la vie

Auprès d’une nature luxuriante qui nous séduit

 

Attendez-vous à trouver ici de vraies valeurs garanties

Ceux qui s’ennuient de la ville risquent d’être démunis

On se réunit le soir autour d’une table puis on sourit

En racontant des anecdotes du passé ou de la journée finie

 

Le Portaou, vous l’aurez compris, c’est toute une philosophie

Grâce au courage, à l’engagement et à l’énergie

De leurs hôtes qui ont transformé une ferme décrépie

En un merveilleux eldorado pour des vacances réussies

 

 Bruno le jardinier - le 18 août 2007

pour Patricia et Hans au Portaou –adhérents de l’association Jardinons Nature dans les Cévennes, à quelques kilomètres de Villefort.

Note : si vous voulez passer des vacances réussies dans une région magnifique, les Cévennes, avec le calme, le soleil, et manger une cuisine saine et bio, la Ferme de Patricia et Hans avec ses chambres d’hôtes très bien agencées vous tend les bras. N’hésitez pas à les contacter de ma part. Bruno.

Chambres d’hôtes / Bed&Breakfast / Bed en Breakfast / Gästezimmer und Abendessen

Patricia Tholet et Hans-Dieter Röcher « Au Portaou » Valcrouzès 48800 Saint-André Capcèze  

tél / fax : (0033)-4-66 46 20 10

e-mail : au-portaou@wanadoo.fr

www.cevennes-mont-lozere.com

 

ADDICTIONS

 

Ce n’est pas marrant d’être victime d’une addiction

A l’alcool, au tabac, au sexe, au jeu, à l’argent…

Au portable qui soulève de sérieuses interrogations

Ou à une occupation qui dévore plus que de raison

 

Pourquoi ce laisser aller dans nos comportements ?

Pourquoi autant de faiblesses dans nos décisions ?

Ne faudrait-il pas se poser les bonnes questions

Pour éviter de devenir un jour trop dépendant 

 

Cela varie bien entendu selon le degré d’exposition

Et des déviances qui sont loin d’être toujours des poisons

Le danger vient parfois de la désinformation

Ou de modèles que l’homme copie aveuglément

 

La nature étant pour moi une source infinie d’inspiration

Je trouve à son contact quotidien tous les ingrédients

Pour éviter d’avoir recours à d’autres substitutions

Cela m’épargne avant tout beaucoup de désillusions

 

Bruno le jardinier – le 26 juin 2008 –

Note : En observant les gens dans mon bus ou sur les quais, je me suis rendu compte depuis longtemps que l’homme était faible et donc sujet à de nombreuses addictions (tabagisme ou utilisation excessive du portable par exemple). La modération en toute chose est nécessaire je crois pour ne pas devoir hypothéquer trop vite sur sa santé….et la vie qui est un bien trop précieux pour la gâcher prématurément.

 

PRINTEMPS EVENEMENTIEL

L'événement est d'importance
Cette année le printemps est en avance
Malgré quelques gelées matinales sans influence
C'est l'hirondelle, en principe, qui l'annonce
Encore faut-il qu'elle manifeste sa présence
Devenue rare, elle brillera peut-être par son absence
C'est partout la même effervescence
Au sein du jardin naturel en pleine réminiscence
Dans l'air doux chargé de délicates fragrances
Les effluves de fleurs, d'herbes et de sève mêlées sont intenses
Elles savent mettre nos narines en appétence
Au sortir d'un hiver pourtant d'une rare clémence
Les abeilles encore discrètes font bombance
Dans l'abricotier et le saule aux chatons denses
Quelques vanesses "paons du jour" en survivance
Festoient elles aussi, colorant le paysage de leur danse
Tableaux magiques et éphémères auréolés d'espérance
Renouvelés chaque année comme une providence
Moi le jardinier je travaille en connivence
Avec les animaux et les plantes sans défense
Devant l'acharnement de l'homme parfois pris de démence
M'abstenant de nuire, prônant pour l'exubérance
Instaurant une harmonie particulière, une ambiance
Captivant les âmes sensibles remplies de reconnaissance
Bruno le jardinier - le 15 mars 2007

VERITE

Retrouver mon jardin est une nécessité
Chaque jour que Dieu veut bien m'accorder
C'est pour moi de loin la meilleure des panacées
Un anti-stress efficace, l'endroit où je trouve la paix
Loin du brouhaha des hommes et de leur méchanceté
Je le parcours et j'observe la vie à chaque fois émerveillé
Les floraisons qui se succèdent sans discontinuité
De janvier à décembre, en hiver comme en été
Sans oublier les animaux, les insectes qui sont affiliés
A un territoire, à une plante, à un arbre altier
Aujourd'hui j'ai une énorme envie de vous parler
De ce jardin et de ma passion toujours renouvelée
Pour vous expliquer ma philosophie sans trop me tromper
Vous dire ce qui m'anime, baigné d'un zeste de spiritualité
Tout est utile dans la nature, je ne me lasse pas de le répéter
A celui ou celle qui veut bien sûr m'entendre et m'écouter
La monoculture est une aberration que j'ai toujours dénoncé
A mettre à l'actif de la folie de l'homme conditionné
Qui recherche toujours plus de profit, de rentabilité, de productivité
Elle continue, on parle maintenant d'agriculture "raisonnée"
Pour dissimuler des pratiques qui ne devraient plus exister
Pas idiot, je reste prudent, inébranlable, déterminé
A défendre une agriculture biologique qu'il faut développer
Plus que jamais, elle seule reste garante de qualité
Bruno le jardinier - le 8 mars 2007
 
THAT SAME OLD OBSESSION
TOUJOURS CETTE VIEILLE OBSESSION
 

I come to this garden, I come here to rest

Je viens en ce jardin, j’y viens me reposer

Early, each day upon rising

Matinal chaque jour à mon lever

I think of my lost love from over the sea

Je pense à mon aimée perdue de par-delà la mer

And sometimes I’ve wondered if she thinks of me

Et quelquefois je me demande si elle pense à moi

 

I long to recall every kiss, every kind word

J’aime me rappeler chaque baiser, chaque mot doux

I miss her so much I could die

Elle me manque tant que je m’égare

But the creatures of evil have captured her heart

Mais les forces du mal ont envahi son coeur

And that same old obsession still keeps us apart

Et cette même vieille obsession toujours nous sépare

 

There’s peace in the garden, there’s peace in the air

La paix se trouve dans le jardin, dans l’air

Peace in the sound of the river

Paix dans le son de la rivière

There’s peace in the meadow, the sun shines like gold

La paix dans le pré, le soleil brille comme l’or

And if she were with me, there’d be peace in my soul

Et si elle était là, la paix serait dans mon coeur

 

I long to return to the place, I remember

Je veux retourner en ce lieu, où je me rappelle

The taste of her lips close to mine

Le goût de ses lèvres près des miennes

I could do much better, if I could be strong

Je pourrais aller mieux, si j’étais plus fort

Come into my garden, but leave me alone

Viens dans mon jardin, mais laisse moi seul

 

I come to this garden, I come here to rest

Je viens dans ce jardin, J’y cherche le repos

Just as the night comes stealing

Juste quand la nuit descend

Someone is weeping, I’m calling her name

Quelqu’un pleure, j’appelle son nom

Deep in the garden, deep in my brain

Au fond du jardin, au fond de mon âme

 

I long to recall every kiss, every kind word

J’aime me rappeler chaque baiser, chaque mot doux

I miss her so much I could die

Elle me manque tant que je m’égare

 

But the creatures of evil have captured her heart

Mais les forces du mal ont envahi son coeur

And that same old obsession still keeps us apart

Et cette même vieille obsession toujours nous sépare

 

 

Gord speaks out about his music : The “same old obsession” is probably another person, maybe a triangle, or maybe it’s just about a person’s need to be free. Anything that lurks out there to detract from or to try to destroy a relationship is painted as evil in this song – evil personified as a creature.

 

 

 

Gordon Lightfoot – 1972 – Traduction : Violette (Saint-Nazaire) – 2001 – Pour Bruno le jardinier

 
 

LEAVES OF GRASS / BRINS D’HERBE

 

The leaves of grass will not pass on

Les brins d’herbe ne disparaîtront pas

Though the millstones grind them into dust

Malgré les meules qui les broient en poussière

For the earth shall give new life to them

Car la terre leur donnera une nouvelle vie

But only the grass will grow once more

Mais seule l’herbe repoussera

 

And the brave must fall to honor the names

Et les braves doivent tomber pour faire honneur aux noms

Of the ones who have gone before

De ceux qui sont partis avant eux

And the earth shall give new life to them

Et la terre leur donnera une nouvelle vie

But only the grass will grow once more

Mais seule l’herbe repoussera

 

If people could look into each other’s eyes

Si les gens pouvaient se regarder les yeux dans les yeux

What a wonderful place this world would be

Ce monde serait vraiment un endroit merveilleux

All strife would end, we could start again

Ce serait la fin des conflits, nous pourrions recommencer

And dreams like these must not pass on

Et des rêves comme ceux-là ne doivent pas disparaître

 

But the brave keep falling to honor the names

Mais les braves doivent tomber pour faire honneur aux noms

Of the ones who have gone before

De ceux qui sont partis avant eux

And the earth shall give new life to them

Et la terre leur donnera une nouvelle vie

But only the grass will grow once more

Mais seule l’herbe repoussera

 

And the brave must fall to honor the names

Et les braves doivent tomber pour faire honneur aux noms

Of the ones who have gone before

De ceux qui sont partis avant eux

And the earth shall give new life to them

Et la terre leur donnera une nouvelle vie

But only the grass will grow once more

Mais seule l’herbe repoussera

 

The leaves of grass will not pass on

Les brins d’herbe ne disparaîtront pas

Though the millstones grind them into dust

Malgré les meules qui les broient en poussière

For the earth shall give new life to them

Car la terre leur donnera une nouvelle vie

But only the grass will grow once more

Mais seule l’herbe repoussera

 

Gordon Lightfoot – 1969 -

Traduction : Christiane (Hazebrouck) – 2005 –

Pour Bruno le jardinier.

 

ETE DEROUTANT

 

 

Cet été n'aura pas duré longtemps

Il semble déjà moribond dans notre région

Nous gratifiant en juillet de quelques jours suffocants

Suivis en août d'un ciel de traîne languissant

 

Le constat est pour le moins affligeant

Reconnaissons qu'il n'y a plus de saisons

Hiver, été, automne ou printemps

Difficile aujourd'hui de faire des prévisions

 

Septembre se profile dorénavant à l'horizon

Saura t'il redorer à lui seul le blason ?

Il ne peut, de toute façon, être plus décevant

La question reste cependant posée... Attendons !

 

Bruno le jardinier - le 27 août 2008 -

 

Note : Nous ne garderons pas du mois d'août 2008 tout comme de celui de 2007 et des deux derniers été en général, un souvenir extraordinaire,impérissable. Tout simplement parce que nous n'avons pas eu le temps que nous méritons en cette saison.

 

A LA FERME

 

Je rêvais, il y a de cela quelques années

D’être personnifié en jardinier

Dans un grand château très distingué

Au service de châtelains attentionnés

Prêts à donner libre cours à ma créativité

 

Me voilà débarquant dans une ferme « sensée »

Reprenant des études à 40 ans passés

La tête pleine de riches idées, de projets

Voulant rattraper le temps perdu à jamais

Créant un jardin à la force du poignet

 

Il ne fallait pas flancher, se mettre en condition, s’accrocher

Mon chantier a démarré en hiver, il faut le rappeler

Pour comprendre tout bonnement la difficulté

J’ai commencé par dessiner les massifs, les allées

Planter, semer, nettoyer, exporter au compost les déchets

 

J’en ai eu des soucis, des ampoules, des suées

Des petits bobos, mes semelles souvent crottées

Du découragement, pas vraiment, car j’étais blindé

A l’écoute de « Dame Nature » en exclusivité

Imparti d’une telle mission que rien ne pouvait m’ébranler

 

Le but étant de faire un jardin avec de la diversité

En utilisant des fleurs sauvages, anciennes, utiles et gaies

Pour attirer une faune en voie de disparition, menacée

Pesticides et traitements n’ont pas ici droit de cité

Il y a assez de poisons dans la terre et d’air pollué

 

La morale de cette histoire c’est qu’il faut oser

Rien n’est jamais acquis, rien n’est jamais gagné

On s’éclate dans un boulot qu’on aime sans se retourner

Quand la passion s’en mêle, nos rouages se mettent à tourner

Rien ni personne ne peut alors vous arrêter

 

*sensée : comme la ferme du Sens évidemment.

Bruno le jardinier - le 22 décembre 2006 -

 

PETITE CHOUETTE

Note : elle aura partagé quelques minutes de ma vie et j'aurais aimé qu'elle s'en sorte. Malheureusement, le destin implacable en a décidé autrement

Il s'agit d'une rencontre que je n'avais jamais relaté
Celle d'une petite chouette* blessée avec un jardinier
Au milieu de la route, encore consciente, je la revois qui gisait
Un an s'est écoulé*** et je n'arrive toujours pas à l'oublier

Il y a eu d'abord ces deux grands yeux ronds sur la route qui brillaient
De nature curieuse, j'ai arrêté ma voiture sur le bas côté, émerveillé**
Un compagnon ou une compagne se trouvait près d'elle écrasé(e)
Encore une vie fauchée, me suis je dit, par la bêtise d'un automobiliste pressé

Toutes ailes déployées mais ne pouvant plus s'envoler
Suite à un traumatisme sérieux que je ne pouvais soupçonner
Elle a bien essayé de s'échapper de mes mains, sans succès
Me pinçant même plusieurs fois avec son petit bec crocheté

J'ai pensé, un moment, qu'elle serait peut-être une rescapée
Car bien au chaud, dans ma voiture, son corps s'est vite réchauffé
Réussissant même, avant la fin de mon trajet, à la calmer
Ne conduisant que d'une main, l'autre étant très sollicitée

C'est chez un vétérinaire**** que sa vie s'est un jour brusquement arrêtée
Quelques heures ou plus, quelle importance, après les faits cités
Cet épisode de ma vie me laisse un goût amer, vous vous en doutez
Chaque jour, hélas, de nouvelles victimes***** de la route sont à déplorer

Petite chouette, je ne t'oublierai jamais

Bruno le jardinier pour mon ami Philippe - le 8 août 2008 -

 

APPRENDRE A CONNAITRE POUR NE PAS NUIRE

 

 

Le jardinage étant une école de la vie par excellence, cette discipline à part entière, qui n’est, hélas, toujours pas pratiquée à l’école, devrait pourtant apporter aux hommes et aux femmes qui la pratiquent…la spiritualité, la paix, la sérénité, l’harmonie et un état d’esprit particulier pour leur permettre de nuire le moins possible à l’environnement et à la nature, à la fois si belle et si fragile, qui le compose.

 

C’est hélas loin d’être le cas car on s’obstine à répéter les mêmes gestes prédateurs chaque jour dans son jardin, à commettre les mêmes erreurs qui viennent de l’ignorance, de peurs ancestrales, de croyances, de raisonnements faux, de doctrines qu’on copie bêtement, sans doute aussi par peur de devoir s’extraire d’un quotidien trop pesant dont on semble se satisfaire. L’habitude étant l’antithèse de l’imagination créatrice, si l’homme ne se libère pas de son quotidien, il ne peut avancer sur le bon chemin, atteindre son point d’équilibre et se trouver en parfaite harmonie avec l’univers, la terre, avec les êtres qui la peuplent, avec lui-même et ses contemporains : c’est une évidence.

 

Résultat, il commet l’irréparable sans s’en rendre compte le plus souvent, ce qui est plus grave. A l’échelle planétaire, les nations mènent des guerres économiques mais aussi écologiques, avec des catastrophes sans précédent qui arrivent et qui devraient nous inciter à moins d’ambition, à plus d’humilité, à mettre aussi en avant le développement durable. Dans son jardin, la lutte de l’homme « moderne » contre son environnement prend une forme plus sournoise, moins médiatisée, mais elle est tout aussi réelle et efficace.

 

Alors je me pose des questions comme celle-ci par exemple : « pour quand des cours pratiques de jardinage dans les écoles, pour remplacer, ou mieux renforcer les cours de science de la nature trop théoriques à mon goût » ? Heureusement, des instituteur(trice)s n’ont pas demandé l’autorisation au ministre de l’éducation nationale pour être des avant-gardistes en la matière et mettre en place un jardin, à l’intérieur de l’école, avec leurs élèves, souvent dans les sections primaires et maternelles..

 

Je m’adresse maintenant à Monsieur le ministre en personne pour conclure :

 

« Pour quand un jardin dans chaque école avec des fleurs, des légumes, des insectes ?…ce n’est pas la place qui manque dans les établissements scolaires, mais plutôt une volonté réelle. Pour ne pas nuire plus tard à l’environnement et à la nature, ne faudrait-il pas apprendre à mieux les connaître quand on est petit » ?

 

 

Bruno Kania, le jardinier, président de l’association Jardinons Nature,

270, rue des Fusillés – 59650 Villeneuve-d’Ascq – Rejoignez-nous -

 

 

 

COUP DE GUEULE

 

 

« Les hommes vont dans les étoiles, mais ils ne savent pas ce qui se passe dans le talus, en face de chez eux. » Jean Giono – Conversation.

 

Je pense que nous, les humains, nous sommes une espèce mal finie, une espèce stupide qui se massacre elle-même et qui massacre son milieu de vie, la Terre, la seule planète de l’univers connue avec une atmosphère, de la vie, de l’eau…des trésors inestimables qui sont en train de disparaître par notre faute.

 

Bien souvent la rage m’envahit, quelquefois la honte, au gré des nouvelles que je lis ou que j’entends, des choses que je vois, et je n’ai qu’un moyen pour me calmer : descendre au jardin, tripoter la terre, parler à mes fleurs, regarder la vie à l’œuvre dans toute sa splendeur et me dire que rien ne peut supprimer la vie. Je sais que nous sommes nombreux à penser ainsi, nombreux à nous dire qu’il faut éduquer les enfants et travailler en réseaux de résistance verte, modestes mais opiniâtres.

 

Notre façon profonde de concevoir la vie n’est peut-être pas adaptée à cette civilisation. Nous sommes comme les amérindiens à l’époque de l’invasion, la fameuse conquête de l’ouest : des gens dirigés par leurs rêves, qui vénéraient la nature, qui pensaient que la terre n’appartient à personne et sont soudain, violemment, confrontés à un mode de pensée totalement différent, prédateur, matérialiste, destructeur, à court terme, qui les a broyés.

 

Au fond de moi, couve un volcan de rage qui est prêt à exploser chaque fois que je vois quelque chose qui blesse la terre : cela va des détritus jetés çà et là, de la pollution de l’air et de l’eau qui est devenue un crime contre l’humanité, de la déforestation galopante, de la banalisation de la faune et de la flore, des bouquets de fleurs champêtres coupées puis jetées au bord du chemin, de la commercialisation de produits toxiques qui continue dans les jardineries, de la circulation routière anarchique, des gestes ou actes inconscients de certains…

Avec les budgets consacrés aux armes par nos sublimes décideurs, il y a de quoi faire un jardin d’Eden pour tous les habitants (flore et faune comprises) de notre Belle Bleue.

 

Il est grand temps d’arrêter de laisser des intérêts purement économiques dicter notre façon de jardiner, de penser et de vivre.

 

Bruno le jardinier, président de « Jardinons Nature ».

 

Association Jardinons Nature, 270 rue des Fusillés, 59650 Villeneuve-d’Ascq

 

Le point sur l’Année 2007

 

Certains insectes pullulent cette année, comme les escargots et les limaces qui ont bénéficié d’une année favorable, douce et humide, pour se multiplier et ont profité de l’absence cruelle de leurs prédateurs directs et naturels, les hérissons, qui sont quasiment inexistants cette année dans le secteur de la Haute Borne à Villeneuve d’Ascq et en voie d’extinction dans les grosses zones urbaines et suburbaines. On connaît malheureusement les raisons de leur disparition. Elles sont imputables à l’homme mais j’y reviendrai dans un prochain article qui sera entièrement consacré à ces charmantes petites bêtes.

Beaucoup de coccinelles ont été aperçues cette année dans le jardin naturel, mais comme ce sont de grosses consommatrices de pucerons, personne ne s’en plaindra. Certaines de ces bêtes à Bon Dieu arborent aujourd’hui des couleurs orangées inhabituelles, que nous n’avions pas l’habitude de voir de par le passé. Elles viendraient d’Asie et seraient également de redoutables prédatrices des larves de leurs cousines, nos coccinelles locales. Si cela se confirme, c’est assez inquiétant.

Nicolas, ex-salarié de l’Association de réinsertion « Prêt du sol », une association amie de la nôtre qui a une grande parcelle de terre derrière la Ferme du Sens, a eu la géniale idée d’installer, en début d’année 2007, trois ruches dans le petit bois attenant à leur terrain. Le résultat ne s’est pas fait attendre : les abeilles ont été abondantes dans les massifs de fleurs et les récoltes de graines qui se poursuivent jusqu’en automne vont être généreuses cette année malgré une météo chagrine… pollinisation oblige.

 

LES PAPILLONS DE LA FERME

 

En tant que jardinier depuis 1998 de la Ferme du Sens et créateur du jardin naturel, je suis le témoin visuel privilégié et quotidien, depuis près de dix ans, de la faune sauvage présente au sein de ce jardin. Il a pour vocation, autre que son côté pédagogique, de devenir un mini sanctuaire pour les animaux, vertébrés et invertébrés, qui vivent en interaction directe avec les plantes que j’ai choisi de planter sur le site après mûre réflexion.

 

 

Les papillons

 

Il est loin le temps où, dans le jardin de mon père, dans les années 60/70, je pouvais apercevoir d’importants contingents d’insectes et de nombreuses variétés de papillons aux couleurs chatoyantes qui tournoyaient par dizaines autour de moi.

Dans les années 80, les effectifs de ces « fleurs du ciel » que sont les papillons a commencé à chuter dramatiquement. De nos jours, certaines espèces sont devenues très rares et ne se rencontrent qu’épisodiquement. Les facteurs de leur disparition sont nombreux : citons l’absence de plantes et de fleurs sauvages dans les jardins, la banalisation de la flore dans la nature, mais aussi la détérioration de leur habitat, les remembrements, les pesticides et la pollution ambiante. A noter que lors des périodes de sécheresse et de chaleur, leur nombre augmente tout de même sensiblement.

 

 

L’homme, ce super prédateur

 

L’homme, ce super prédateur, s’autorise le droit de chasser et de tuer. Alors que les animaux tuent pour se nourrir, l’homo sapiens s’est trouvé un jeu morbide, la chasse gratuite, pour assouvir un besoin de domination sur d’autres espèces jugées indésirables à ses yeux. Les chasseurs avancent comme prétexte qu’il y a trop de gibier à la fin de l’été, alors que cette situation de surabondance de lièvres, de lapins, de faisans ou de cailles a été voulue, par ces mêmes chasseurs ou d’autres, qui ont rompu un équilibre en supprimant, à la base, les prédateurs naturels du petit gibier à plume ou à poil. Ainsi renards, chats sauvages, blaireaux, lynx… sont exterminés, empoisonnés, traqués…pour permettre à des chasseurs avides de sang de poursuivre le carnage en se substituant aux carnassiers absents.

Il ne fait pas bon se promener le dimanche, par les chemins, en période de chasse. J’en ai fait récemment l’expérience avec ma compagne. Le risque de recevoir une balle n’est pas négligeable, mais c’est surtout le stress qui s’installe quand vous vous retrouvez tout au long de votre promenade agressé par le tir nourri des fusils qui claquent tout autour de vous. Quand il m’est arrivé de croiser, à plusieurs reprises, de par le passé, un groupe de chasseurs excités par le sang et parfois l’alcool, j’ai senti plus d’une fois le malaise monter en moi car je me suis mis dans la peau de ses pauvres animaux exterminés…pour le plaisir.

J’en viens naturellement à faire des corrélations peut-être parfois jugées un peu extravagantes :

On dit bien « Qui vole un œuf, vole un bœuf ».

J’ai envie de rajouter :  « Qui sait tuer un lapin, doit être capable de tuer un humain ».

J’imagine ces chasseurs rentrer chez eux et reprendre leur vie tranquille. Ce besoin d’exterminer des bêtes le week-end doit rejaillir d’une façon ou d’une autre sur leur personnalité, sur les relations au bureau ou avec leur compagne. Ecraser, dominer, harceler, manipuler, imaginer des scénarios pour arriver à leurs fins…tuer.

J’en arrive au même constat dans le jardin, car à force de faire la guerre à l’aide d’herbicides contre l’herbe dite mauvaise, d’insecticides contre le puceron, ou de pesticides contre des maladies, en fin de compte, créées par l’homme, c’est un cercle vicieux qui s’installe.

L’homme ne se rend pas compte qu’il devient fou, qu’il est en train de jouer à l’apprenti sorcier et à la guerre contre sa propre espèce.

 

Gardons, s’il n’est pas trop tard, les pieds sur terre pour ne pas nuire à nous-même, à nos proches et à la diversité qui fait la richesse de notre planète.

 

Bruno le jardinier - le 21 juin 2007 -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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