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Your Love's Return Come to the door my pretty one Roses are waiting for dewdrops to fall Let me come in my pretty one Roses are waiting for dewdrops to fall Let me come in my precious one Roses are waiting for dewdrops to fall Gordon Lightfoot – 1970 – |
Votre amour est de retour Venez à la porte ma jolie Les roses sont en attente des gouttes de rosée Permettez-moi de venir ma jolie Les roses sont en attente des gouttes de rosée
Traduction Guy – La Madeleine – pour Bruno le jardinier – mai 2009 - |
CHRISTIANE ET JACQUES
Notre rencontre est peu banale
Elle a eu lieu dans un jardin* qui a une âme
Conçu par un jardinier original
Qu’il faut encourager quoi de plus normal
Après un premier contact amical
Et un échange de plantes qui fut équitable
La suite de notre histoire est à mettre dans les annales
J’ai choisi de la relater dans un poème en guise de journal
Christiane et Jacques apprécient mon jardin floréal
Atypique, exubérant, foisonnant, sensorial
Ils viennent s’y ressourcer chaque matin, c’est capital
Et y travailler dans la bonne humeur générale
Tous deux apportent une aide au jardinier loyal
Qui est à l’écoute de la nature qui régale
Le courage qu’ils déploient est phénoménal,
A mon contact leur vie bien tranquille exhale
Bruno le jardinier pour Christiane et Jacques - le 12 juin 2007
*Le jardin de la Ferme du Sens
Note : on fait une rencontre et notre vie peut en être bouleversée, ou prendre un nouveau tournant. C’est ce qui est arrivé à mes amis Christiane et Jacques, qui habitent le quartier d’Ascq. Peu de personnes se sont investis d’une façon aussi désintéressée qu’eux dans mon projet de jardin et d’association qu’il faut tirer de l’avant. C’est très encourageant pour l’avenir. Merci à tous les deux. Bruno.
Ce poème, c’est ton cœur qui parle . Fasse le ciel que je l’entende encore longtemps, qu’il me laisse un peu de répit, j’ai encore tant de choses à faire, tant de choses à donner, tant de gens à connaître, Tant de gens à aimer.
Christiane pour Bruno
LE PRINTEMPS
Un jour, comme dans un vieux roman
J’ai vu, sur un beau cheval blanc
Arriver un prince charmant
C’était Monsieur le Printemps
Il avançait un beau matin
Entre les haies du chemin
Quand tout à coup, près d’un vieux mur
Il rencontra Dame Nature
Elle était belle comme une fée
On aurait dit une mariée
Et dans ses yeux on pouvait voir
Toutes les merveilles d’une belle histoire
Ce qu’ils se dirent…Dieu seul le sait
En se parlant ils souriaient
Mais quand il l’a prise dans ses bras
La terre frissonna sous leurs pas
A l’instant même de leur baiser
Un oiseau se mit à chanter
Et les doux rayons du soleil
Tirèrent les plantes de leur sommeil
Les arbres se disaient bonjour
Des fleurs s’éveillaient tout autour
Cela était si merveilleux
Que je n’en croyais pas mes yeux
Un doux parfum flottait dans l’air
Et moi, je marchais sur la terre
J’étais heureux de voir tout ça
Je me sentais si bien là-bas
C’était un rêve me dira-t-on
Ou bien trop d’imagination
Ces choses-là n’arrivent pas
Comment pouvez-vous croire à ça ?
Pourtant, je sais que certain soir
Quand sous les arbres je vais m’asseoir
Je sens parfois autour de moi
Des choses si belles que je les vois
Mr Jean-Paul Dumas - 4420 Saint-Nicolas - Belgique
Voyez, mes frères, le printemps est venu ;
la Terre a reçu l’étreinte du Soleil
et nous verrons bientôt les fruits de cet amour.
Chaque graine s’éveille
et de même chaque animal prend vie.
C’est à ce mystérieux pouvoir
que nous devons aussi notre existence ;
c’est pourquoi nous concédons à nos voisins,
même à nos voisins animaux,
le même droit qu’à nous d’habiter cette terre.
Pourtant, écoutez-moi, vous tous,
nous avons maintenant affaire à une autre race –
petite et faible quand nos pères l’ont rencontrée
pour la première fois,
mais aujourd’hui grande et arrogante.
Assez étrangement,
ils ont dans l’idée de cultiver le sol
et l’amour de posséder
est chez eux une maladie.
Ces gens-là ont établi beaucoup de règles
que les riches peuvent briser
mais non les pauvres.
Ils prélèvent des taxes
sur les pauvres et les faibles
pour entretenir les riches qui gouvernent.
Ils revendiquent notre mère à tous,
la Terre, pour leur propre usage
et se barricadent contre leurs voisins ;
ils la défigurent avec leurs constructions
et leurs ordures.
Cette nation est pareille
à un torrent de neige fondue
qui sort de son lit
et détruit tout sur son passage.
Nous ne pouvons vivre côte à côte.
Paroles de Sitting Bull, Chef Sioux Hunkpapa – 1875.
NOUS SOMMES RECONNAISSANTS
Nous remercions la Terre, notre mère,
pour la nourriture qu’elle nous procure.
Nous remercions les fleuves et les ruisseaux
pour l’eau qu’ils nous procurent.
Nous remercions les herbes
pour la guérison qu’elles nous procurent.
Nous remercions les céréales, les haricots, les courges
et les abeilles qui nous font offrande de leur miel
et nous conservent ainsi la vie.
Nous remercions les buissons et les arbres
pour les fruits qu’ils nous procurent.
Nous remercions le vent
qui remue l’air et éloigne les maladies.
Nous remercions la lune et les étoiles
pour la lumière qu’elles nous procurent
après le coucher du soleil.
Nous remercions le soleil amical
qui rayonne sur la terre.
Nous remercions la pluie
qui nourrit nos champs de son eau précieuse.
Nous remercions avant tout le Grand Esprit
qui réunit tous les bienfaits en lui et gouverne
pour le bien-être de ses enfants.
LE GRAND NOYER
Pour info, il vous reste encore quelques jours pour l’admirer
A partir de juin, le noyer du jardin naturel risque de tomber
Sa fin est programmée avec celle des jardinets alentours
A leur place s’élèvera la nouvelle boulangerie et ses fours
C’est devenu une mode d’investir dans l’immobilier
Ceux qui détiennent l’argent n’en ont jamais assez
La nature semble avoir moins d’importance à leurs yeux
Qu’un bâtiment qui peut générer des profits juteux
C’était de loin le plus grand arbre du jardin naturel
Pas encore adulte, il s’élançait déjà vaillamment vers le ciel
Nous offrant en octobre d’honorables récoltes de noix
D’énormes fruits qui en laissaient plus d’un(e) sans voix
N’y avait-il pas d’autre alternative à ce massacre organisé
Car pour moi, abattre un arbre en pleine vigueur touche au sacré
Je vois déjà ceux et celles en colère se lever de leur siège
D’avoir perdu un ami généreux, ils vont crier au sacrilège
Bruno le jardinier – le 26 janvier 2008 -
Jardinier né
Avouez que je fus bien inspiré
En rejoignant le clan des jardiniers
D’aussi loin que remonte ma mémoire
Je n’ai jamais cessé d’y croire
L’exemple même du jardinier incarné
Qui déteste le travail bâclé
Aimant trop la vie pour s’amuser à nuire
Observant toujours avant d’intervenir
Si mes fleurs sont, parait-il, si belles
C’est qu’elles disposent de l’essentiel
J’ai ajouté une touche de spiritualité
En prenant l’habitude de leur parler
Adepte d’une certaine forme d’exubérance
Partisan de la biodiversité et des alliances
J’aime donner libre cours à la créativité
Le résultat final ne manquant pas d’originalité
Bruno le jardinier – le 19 janvier 2009 –
JANVIER AU TISON
L’année 2009 a démarré sous un froid glacial (1)
Pour un mois de janvier, quoi de plus normal !
Les saisons n’ayant cependant plus rien de rationnel
Cet épisode avait quelque chose d’exceptionnel
Pendant que certains affrontaient sans préjugés le gel
D’autres hibernaient au chaud ou sous d’autres ciels
Pourtant, dans un jardin, n’y a-t-il pas toujours à faire !
Du printemps à l’automne…mais aussi en hiver !
La froidure n’a pas trop contrarié mes projets
L’occasion était rêvée pour nettoyer les massifs et tailler
Alimenter les mangeoires destinées aux oiseaux
Prendre de l’avance en planifiant certains travaux
Le 16 janvier la température était déjà plus clémente
A l’occasion de l’A.G. (2) de notre association résistante
Le mot du président fut prononcé, les dates programmées
Les membres du bureau renouvelés (3), suivi du pot de l’amitié
Attendons maintenant la suite des événements
En essayant de sortir indemne de cet hiver languissant
Qui a affecté de nombreux organismes vivants
Mettant sur la touche les moins résistants
En observant les gros bourgeons gonflés de sève
Et les premières fleurs qui ont déjà oubliées la trêve (4)
De les voir fleurir au cœur de l’hiver sans complexes
Cela ferait presque oublier au jardinier qui vous parle le reste
Bruno le jardinier le 18 janvier 2009
Bonjour Bruno,
Comme il est de coutume
à mon tour de te souhaiter
une excellente Année
En reprenant ma plume,
Que puis-je te souhaiter pour 2009 ?
Si ce n'est un jardin tout neuf
Combattre l'avancée du bitume
Avec une santé d'enfer
Il y a tant à faire !
Peut-être déjà tu humes
le parfum du printemps
Mais il n'est pas encore temps.
Il faut encore que tu assumes
Pour Jardinons Nature
Avec le discours du Président
Laissons finir l'hiver,
Il reste si peu de vert
givré et ourlé de blanc
Meilleurs voeux à toi et à tous ceux qui t'entourent.
Amitiés,
Christiane, le 3 janvier 2009
LA FLEUR
Quand la pomme était bleue,
Il y a quelque temps
Les hommes si peu nombreux
En ce monde, débutants,
Vivaient en survivance
De cueillette et de chance
Au hasard des buissons
Au rythme des saisons.
2-PLANETE-HOME
Quand la pomme fut verte,
Au gré des découvertes
Elevages et cultures
Changèrent la nature.
Les hommes immobiles
Vivaient en suffisance
De blé, d’orge et de miel
De récoltes en semences.
Quand la pomme devint rouge
Comme l’acier que l’on fond
Nous étions des millions
A vivre dans ce bouge
D’une nature souveraine
Maintenant asservie.
Les hommes destructeurs
Vivaient en abondance
Pillant en quelques heures
Ce monde d’espérance.
4-PLANETE-OM
Quand la pomme sera noire
Etoufféepar les hommes
Qui n’auront pas su voir
En cet ultimatum
« Vivre en intelligence
Avec la nature »
Comme une dernière chance
Pour avoir un futur,
Alors disparaîtront
De cette planète mère
Une race éphémère
D’étranges trublions
Les seuls pour tout dire
Qui n’avaient pas compris
Qu’à trop vouloir grandir
On courre à l’agonie.
PREMONITION
Il y a des rêves qui sont enfouis
Au plus profond de nous, bien à l’abri
Il peut suffire d’une étincelle
Pour les remettre un jour en selle
Comme celui qui me prédisait
Il y a de cela quelques années
Que j’allais devenir un grand jardinier
Il ne s’était pas beaucoup trompé
Après cet épisode exceptionnel
Qui a un lien direct avec le spirituel
J’allais rencontrer un homme providentiel*
Qui avait un don pour le relationnel
Me voici retrouvant les bancs de l’école
A quarante deux ans, j’avais du bol
Avec la création d’un jardin en parallèle
Entièrement tourné vers le naturel
De nouveaux rêves colorent mes nuits c’est troublant
Avec des scénarios pour le moins déroutants
Sans trop m’avancer, j’ai envie de dire en conclusion
Qu’il ne faut pas prendre à la légère la prémonition
Bruno le jardinier le 18 Décembre 2008
*Thierry Decoster, tout d’abord tuteur de ma formation à Genech Formation puis mon patron depuis septembre 2000.
Je vous invite à écouter en complément de ce texte la très belle chanson de Pierre Rapsat "Tous ces rêves sont en nous..." :
POLYCHROME
Certaines personnes ne jurent que par le pain*
D’autres ne se sentent bien que dans un jardin
Ce n’est pas une raison pour ignorer son voisin
La terre étant remplie de destins hors du commun
Observons le travail exemplaire des abeilles
Volant sans repos de fleur en fleur dans le soleil
Des hommes sans scrupules attirés par l’argent
Les empoisonnent à petit feu avec des poisons**
Quand j’observe le monde qui m’entoure j’ai de la peine
Car des menaces pèsent sur lui dans beaucoup de domaines
On est en train de tout calibrer, uniformiser, aseptiser
Ne faut-il pas plaindre ceux qui ne sont pas encore nés !
On va me prendre sans doute aujourd’hui pour un illuminé
Car c’est dans un monde polychrome que j’aimerai me retrouver
Une espèce de rebelle sorti des critères stéréotypés actuels
Se démarquant des autres que je juge à mon goût trop virtuels***
Bruno le jardinier pour Thierry – le 4 décembre 2008 -
*le pain aliment tabou. Difficile, c’est vrai, d’en trouver du bon de nos jours. Thierry D. a réussi ce pari et ceux qui ont goûté un jour à son pain peuvent en devenir accro. Je comprends cela car c’est mon cas. J’ai toujours dit et je ne me trompe pas trop en disant que le pain de Saveurs et Saisons est le meilleur de toute la région.
**Ils ont bon dos les pesticides. Ce sont toujours eux qui sont pointés du doigt en premier quand on dénonce la pollution. Il y a hélas toutes les autres formes de pollutions qui voyagent et se propagent partout, même au pôle nord, avec le vent et dans l’eau : oxyde de carbone, solvants, dioxines…etc. En se mélangeant toutes entre elles, ces pollutions créent des cocktails explosifs dont nous ne connaissons pas encore tous les effets sur la santé. C’est très inquiétant car des espèces animales sont en train de disparaître et l’abeille, dans ce domaine, est tout un symbole à elle seule. Un slogan très fort a été dernièrement déployé par les apiculteurs en colère qui dénonçaient la sortie d’un nouvel insecticide systémique, le Cruiser, autorisé par le gouvernement : « Les abeilles aujourd’hui, nos enfants demain ». Après le Gaucho et le Régent, la coupe semble pleine. STOP !
*** trop de puissances et de richesses accumulées, trop de belles paroles prononcées et pas assez d’actes concrets qui en valent vraiment la peine. L’essentiel n’est pas dans les paroles mais dans les actes disait un imminent homme politique disparu dont je ne me rappelle plus le nom. Dans la foulée, j’ai aussi envie de reprendre ce proverbe chinois qui dit ceci. Il est à l’attention des personnes qui devraient tourner plusieurs fois leur langue dans la bouche avant de parler.
« Si ce que tu as à dire est moins beau que le silence, alors tais-toi »
MERLE MOQUEUR* 
Merle noir « Turdus merula » ( ordre : passériformes, famille : turdidés)
© Yves Thonnerieux
Le jardin compte un nouvel hôte ailé
Un jeune merle au plumage noir de jais
J’observe sa présence depuis plusieurs jours
Cet oiseau a dans son sac plus d’un tour
C’est sans doute l’arrivée d’un froid plus intense
Qui nous vaut l’honneur de sa présence
Traversant le jardin d’un vol bas et leste
Il scrute mes moindres faits et gestes
Il se nourrit à cette époque de baies et fruits sauvages ,
Mais également des miettes qui traînent dans les parages.
Moi je lui offre un croûton ou une couenne de jambon,
Autant de petits gestes qui s’apparentent à des dons
On peut encore en cette saison poser des nichoirs
Et ne pas oublier d’alimenter les mangeoires.
Pour éviter que des oiseaux trépassent,
Ne faudrait-il pas se mettre à leur place !
Bruno le jardinier – le 14 décembre 2008 -
* Le Merle noir appelle, babille, flûte, siffle. Le cri du merle noir comprend un bas "chuck-chuck-chuck", accéléré en un bavardage hystérique quand il est en alerte ; bavardage qui peut s’apparenter à une moquerie. Le cri en vol est ténu et tremblotant. Souvent entendu au crépuscule, le continuel "pink-pink-pink" est aussi un cri d'alarme et le cri émis avant la nuit. Le chant, lancé d'un perchoir exposé, est une belle série de notes mélodieuses et flûtées, des notes claires et sonores formant des phrases, avant de se terminer par une pause et de reprendre.
APPROACHING LAVENDER / APPROCHER LA LAVANDE
- Gordon Lightfoot traduction à la suite du texte par Jean-Michel – Lille – pour Bruno le jardinier – Octobre 2008 -
If youd like to spend the afternoon approaching lavender
Youll feel just fine but one things sure
Youll never be the same
If youd like to try your hand at understanding lavender
Then you must be very sure
That life is not a game
You might even learn a thing or two approaching lavender
Youll soon be on a one night tour
Forgetting your own name
You wont need a reason just to be alone with lavender
For the light so warm and pure
Will draw you like a flame
The colors that surround you there will be the shade of lavender
Shadows dancing everywhere
Like flowers in the rain
You will find your tongues on fire while lying next to lavender
With words you never spoke before
And will not speak again
Oh sweet lavender I understand you perfectly
There is no way that I can see
You living by yourself
Oh sweet lavendar I must be with you constantly
Your presence means so much to me
Much more that life itself
Oh sweet lavender as fragrant as the name you bear
Please cast away the clothes you wear
And give your love to me
Oh sweet lavender your smile is like the golden sun
Id love to see you laugh and run
As naked as the sea
If youd like to spend the afternoon approaching lavender
Dont try and get the best of her
She will not share the blame
If youd like to try your hand at understanding lavender
Then you must be very sure
That life is not a game
There is no shame
TRADUCTION de "APPROACHING LAVENDER"
S’il vous prenait l’envie d’une rencontre avec la Lavande au cours d’un bel après-midi
Vous vous sentiriez bien c’est sûr mais une chose le serait aussi
Vous seriez changé à jamais !
Si vous essayiez de comprendre la Lavande
Alors vous seriez assuré que la vie n’est pas un jeu vain
Vous apprendriez même une chose ou deux en approchant la Lavande
Vous entreprendriez un voyage nocturne
Oubliant jusqu’à votre propre nom
Vous n’auriez pas même besoin d’une bonne raison pour un tête à tête seul avec la Lavande
Car sa lumière si chaude et pure
Vous attirerait comme la flamme
Les couleurs vous entourant auraient les nuances de la Lavande
Des ombres danseraient partout
Comme les fleurs sous la pluie
Vous sentiriez vos langues en feu couché près de la Lavande
Et trouveriez en vous des mots que vous n’avez jamais prononcé et ne prononceriez jamais plus
Oh douce Lavande je te comprends
Je ne peux te voir vivre par toi-même
Oh douce lavande je dois être prés de toi toujours
Ta présence compte tant pour moi
Plus que ma vie même
Oh douce Lavande aussi parfumée que ton nom
Retire les atours dont tu te pares
Et donne-moi ton amour
Oh ma douce Lavande ton sourire est un soleil d’or
J’aime te voir rire et courir
Aussi nue que la mer
S’il vous prenait l’envie d’une rencontre avec la Lavande au cours d’un bel après-midi
N’essayez pas et prenez d’elle le meilleur
Elle n’aura ainsi pas à partager les torts
Si vous essayiez de comprendre la Lavande
Alors soyez bien sur que la vie n’est pas un jeu vain
Et qu’il n’y a pas de honte
Une amie me parla un jour d’un jardin bleu
Qui prenait beaucoup d’importance à ses yeux
Prenant au mot cette dame attentionnée
Je lui demandais d’écrire un poème bien ficelé
Joliment brocardé de fleurs bleutées
Ne voyant rien venir, il fallait bien réagir
Essayer de composer à sa place sans faillir
L’occasion était trop belle, le sujet beau à mourir
Me voilà donc à mon tour en train de réunir
Une liste de fleurs bleues pour séduire
Je le conçois accueillant ton jardin douce amie
Fait de multiples variétés de plantes réunies
Se déclinant dans la couleur que tu chéris
Il m’incombe d’en donner un détail précis
Pour qu’on puisse se faire une idée définie
Violettes, myosotis, muscaris et pensées débuteront l’année*
En compagnie des fleurs d’ancolies qui ressembleront à des cornets
Quelques jacinthes formeront de grandes nappes bleues violacées**
Attention à la grande pervenche qui aura tendance à s’étaler
La pulmonaire dévoilera ses jolies feuilles ponctuées
On aimera ou détestera le céanothe, à la floraison métallisée
***L’été verra poindre l’iris, la buglosse et la centaurée
Mais aussi les fleurs plus délicates du polémoine et du bleuet
Bourraches, campanules, népétas étalés, aconits casqués
Se mélangeront aux sauges, lavandes, véroniques en épis dressés
Aux fleurs de nigelle et de lin pleines de finesse, de légèreté
****En automne le choix sera forcément plus limité
Néanmoins il y aura les asters généreux pour nous sauver
Et la succise encore nommée « Mors du diable » s’il vous plait
Des fleurs d’été joueront les prolongations c’est obligé
Comme il n’y a plus de saisons le jardin sera toujours coloré
J’avais encore envie de dire à cette dame et son mari*****
Qu’ils ont dans mon cœur fermé une place bien impartie
Sans eux le jardin de la ferme******ne serait pas si abouti
Ils donnent un sérieux coup de main au jardinier qui officie ici
Je vous aime mes amis, j’ai besoin de vous, Bruno vous dit MERCI…
Bruno le jardinier, pour Christiane, Jacques et Dame Nature
Le 22 octobre 2008
*d’autres fleurs de printemps se déclinant dans des coloris bleus : anémones pulsatile et hépatique, lilas, romarin, lierre terrestre, bugle…
**au bout de plusieurs années.
*** d’autres fleurs d’été se déclinant dans des coloris bleus : gentianes knauties, raiponce (une campanule), hysope, chardons et echinops, grémil, phacélie, brunelle, géranium, globulaire, céanothes d’été, consoude, chicorée, pied d’alouette…
****l’automne puis l’hiver, deux mois difficiles pour les fleurs…bleues. Vous en êtes certainement une aussi, chère madame.
*****Jacques, le mari de Christiane. C’est lui qui est en train de transformer une butte ingrate en paradis.
******la ferme du Sens, encore et toujours.
Gordon Lightfoot – 1975 – Traduction : Eliane (Tourcoing) – 2004 –
Pour Bruno le jardinier
Gord speaks out about his music : Dedicated to my daughter Ingrid, who is now in her early thirties and has given me two grand-children , I haven’t written songs for all of my children – not that I don’t want to, but the song has to be right. All I need is time...unlimited time.
AVIS DE TEMPETE
Sans relâche, ces jours derniers, le vent s’est remis à souffler.
Par endroits, les tempêtes n’ont rien épargné
Elles vont hélas souffler de plus en plus fort chaque année
Car il n’y a plus assez d’arbres et de haies pour les arrêter
La faute en incombe à l’homme qui n’a toujours pas trouvé la paix
Il ne respecte pas « Dame nature » qui est en train d’asphyxier
Continuant à décimer de par le monde bois et forêts
Pour s’octroyer toujours plus de terres qu’il faudrait protéger
Notre terre nous dit depuis longtemps qu’elle en a assez
Elle nettoie inlassablement la pollution, digère les déchets
Que l’homme rejette un peu partout, en toute impunité.
Les signaux sont nombreux, ils devraient nous alarmer
Incendies, tremblements de terre, inondations, raz de marées
Réchauffement de la planète, fonte des glaciers
Désertification, espèces et vies sur terre menacées
S’accommodant des causes et s’affectant des effets
A cela l’homme semble malheureusement habitué
Baisser les bras, c’est manque de sérieux, de courage, de volonté
Il faut prendre des mesures concrètes, ne pas émettre que des idées
Tous ensemble solidaires et pas chacun de notre côté
Le temps n’est plus à l’inaction, on a assez tergiversé
Est-il trop tard pour prier ? La prière n’est pas la panacée
Un gros désastre écologique est en passe d’arriver
Nous ne serons malheureusement pas épargnés
C’était et c’est à nous de ne pas reproduire les erreurs du passé
Donner l’exemple, même si cela nous semble un peu vieux jeu désuet
Reste et restera malgré tout une bonne démarche à encourager
Bruno le jardinier - le 13 janvier 2007 -
AUTRE TEMPS / AUTREMENT
Elle n’est pas éloignée l’époque où je prenais tout mon temps,
C’est un peu vaniteux de dire que je jouissais de chaque instant,
J’avais de l’énergie à revendre, de l’ambition,
Pour honorer toujours plus de projets, de missions.
Dire « NON » à quelqu’un était l’exception, tout était si attirant.
En contrepartie, je ne pensais pas à moi véritablement,
Je finissais par manquer de sommeil, par m’épuiser physiquement.
C’est tellement facile pour certains de profiter des gens.
C’est même, on peut le dire, devenu un jeu d’enfant.
Les bonnes âmes nées qui s’y prêtent facilement,
Sont des proies faciles qui ne résistent pas longtemps,
A la flatterie, aux compliments, aux sentiments,
Plus grave, à ce que je qualifierai d’acharnement.
Pour endoctriner quelqu’un définitivement,
Ne suffit-il pas d’être avant tout convaincant ?
J’avais un téléphone portable qui résonnait dans le jardin étrangement.
On m’en avait offert un parce qu’à l’époque c’était dans le vent.
Cà l’est toujours d’ailleurs, ce qui est inquiétant.
Décrocher quand on a les mains dans la terre ce n’était pas évident.
Dans ces conditions, il me fallait rappeler plus tard mes correspondants,
Ne pas oublier de le recharger périodiquement,
D’où une perte de temps et d’argent.
Je ne veux plus de portable parce que cela rend, parait-il, impuissant.
C’est une révélation qui m’a été faite par un médecin éminent.
Avec l’arrivée d’internet dans ma vie, je suis vite devenu dépendant.
La tête chargée d’images, je dormais mal la nuit, sujet aux insomnies, aux palpitations.
Les mêmes symptômes se produisent chez moi si je reste cloué le soir devant la télévision,
Quand on assiste à une émission avec des excités ou à un film d’action :
De toute évidence, il faudrait les utiliser avec modération
Aujourd’hui, quand on me sollicite pour un salon, pour faire la fête ou une autre mission,
J’y regarde à deux fois avant de dire « OUI » systématiquement.
Je n’ai plus envie de m’avancer dans la précipitation ?
Au détriment de ce que je juge à mes yeux important :
Ma santé, ma compagne, la nature, mes enfants…
Tout faire est irréalisable, inconcevable, déprimant,
Et laissera de toute façon toujours un goût d’insatisfaction.
Et puis il y a toi qui courait aussi dans toutes les directions.
J’ai réussi à t’apprivoiser, mais en partie seulement.
Tu as besoin de liberté, de concessions, j’en suis conscient.
Je ne dois pas l’ignorer, ni empiéter sur tes plates bandes dorénavant,
Car dans la réalité je risque de te perdre définitivement.
S’il m’est déjà arrivé de t’indisposer en étant trop pressant,
Rassures-toi, c’est parce que je t’aime passionnément,
Et que je n’ai pas envie de te perdre bêtement.
Ce que je vais m’efforcer de faire assidûment,
C’est d’être avec toi un mutant intelligent et patient,
En laissant au temps le soin de renforcer nos serments.
Bruno le jardinier pour Véronique - le 22 01 2007 – Ressentiment -
AU PORTAOU ( au vieux porche)
Comme dans d’autres lieux de ce beau pays
Qui ont su conserver une âme, une histoire, de la magie,
On se retrouve et on repart du Portaou tout ébaubi
Comme si on franchissait la porte d’un paradis
Il s’agit de la demeure de Patricia et Hans nos amis
Qui tiennent en Lozère un gîte et une table d’hôtes réunis
On vient ici pour goûter aux plaisirs simples de la vie
Auprès d’une nature luxuriante qui nous séduit
Attendez-vous à trouver ici de vraies valeurs garanties
Ceux qui s’ennuient de la ville risquent d’être démunis
On se réunit le soir autour d’une table puis on sourit
En racontant des anecdotes du passé ou de la journée finie
Le Portaou, vous l’aurez compris, c’est toute une philosophie
Grâce au courage, à l’engagement et à l’énergie
De leurs hôtes qui ont transformé une ferme décrépie
En un merveilleux eldorado pour des vacances réussies
Bruno le jardinier - le 18 août 2007
pour Patricia et Hans au Portaou –adhérents de l’association Jardinons Nature dans les Cévennes, à quelques kilomètres de Villefort.
Note : si vous voulez passer des vacances réussies dans une région magnifique, les Cévennes, avec le calme, le soleil, et manger une cuisine saine et bio, la Ferme de Patricia et Hans avec ses chambres d’hôtes très bien agencées vous tend les bras. N’hésitez pas à les contacter de ma part. Bruno.
Chambres d’hôtes / Bed&Breakfast / Bed en Breakfast / Gästezimmer und Abendessen
Patricia Tholet et Hans-Dieter Röcher « Au Portaou » Valcrouzès 48800 Saint-André Capcèze
tél / fax : (0033)-4-66 46 20 10
e-mail : au-portaou@wanadoo.fr
ADDICTIONS
Ce n’est pas marrant d’être victime d’une addiction
A l’alcool, au tabac, au sexe, au jeu, à l’argent…
Au portable qui soulève de sérieuses interrogations
Ou à une occupation qui dévore plus que de raison
Pourquoi ce laisser aller dans nos comportements ?
Pourquoi autant de faiblesses dans nos décisions ?
Ne faudrait-il pas se poser les bonnes questions
Pour éviter de devenir un jour trop dépendant
Cela varie bien entendu selon le degré d’exposition
Et des déviances qui sont loin d’être toujours des poisons
Le danger vient parfois de la désinformation
Ou de modèles que l’homme copie aveuglément
La nature étant pour moi une source infinie d’inspiration
Je trouve à son contact quotidien tous les ingrédients
Pour éviter d’avoir recours à d’autres substitutions
Cela m’épargne avant tout beaucoup de désillusions
Bruno le jardinier – le 26 juin 2008 –
Note : En observant les gens dans mon bus ou sur les quais, je me suis rendu compte depuis longtemps que l’homme était faible et donc sujet à de nombreuses addictions (tabagisme ou utilisation excessive du portable par exemple). La modération en toute chose est nécessaire je crois pour ne pas devoir hypothéquer trop vite sur sa santé….et la vie qui est un bien trop précieux pour la gâcher prématurément.
L'événement est d'importance |
Cette année le printemps est en avance |
Malgré quelques gelées matinales sans influence |
C'est l'hirondelle, en principe, qui l'annonce |
Encore faut-il qu'elle manifeste sa présence |
Devenue rare, elle brillera peut-être par son absence |
C'est partout la même effervescence |
Au sein du jardin naturel en pleine réminiscence |
Dans l'air doux chargé de délicates fragrances |
Les effluves de fleurs, d'herbes et de sève mêlées sont intenses |
Elles savent mettre nos narines en appétence |
Au sortir d'un hiver pourtant d'une rare clémence |
Les abeilles encore discrètes font bombance |
Dans l'abricotier et le saule aux chatons denses |
Quelques vanesses "paons du jour" en survivance |
Festoient elles aussi, colorant le paysage de leur danse |
Tableaux magiques et éphémères auréolés d'espérance |
Renouvelés chaque année comme une providence |
Moi le jardinier je travaille en connivence |
Avec les animaux et les plantes sans défense |
Devant l'acharnement de l'homme parfois pris de démence |
M'abstenant de nuire, prônant pour l'exubérance |
Instaurant une harmonie particulière, une ambiance |
Captivant les âmes sensibles remplies de reconnaissance |
Bruno le jardinier - le 15 mars 2007 |
VERITE
Retrouver mon jardin est une nécessité |
Chaque jour que Dieu veut bien m'accorder |
C'est pour moi de loin la meilleure des panacées |
Un anti-stress efficace, l'endroit où je trouve la paix |
Loin du brouhaha des hommes et de leur méchanceté |
Je le parcours et j'observe la vie à chaque fois émerveillé |
Les floraisons qui se succèdent sans discontinuité |
De janvier à décembre, en hiver comme en été |
Sans oublier les animaux, les insectes qui sont affiliés |
A un territoire, à une plante, à un arbre altier |
Aujourd'hui j'ai une énorme envie de vous parler |
De ce jardin et de ma passion toujours renouvelée |
Pour vous expliquer ma philosophie sans trop me tromper |
Vous dire ce qui m'anime, baigné d'un zeste de spiritualité |
Tout est utile dans la nature, je ne me lasse pas de le répéter |
A celui ou celle qui veut bien sûr m'entendre et m'écouter |
La monoculture est une aberration que j'ai toujours dénoncé |
A mettre à l'actif de la folie de l'homme conditionné |
Qui recherche toujours plus de profit, de rentabilité, de productivité |
Elle continue, on parle maintenant d'agriculture "raisonnée" |
Pour dissimuler des pratiques qui ne devraient plus exister |
Pas idiot, je reste prudent, inébranlable, déterminé |
A défendre une agriculture biologique qu'il faut développer |
Plus que jamais, elle seule reste garante de qualité |
Bruno le jardinier - le 8 mars 2007 |
| THAT SAME OLD OBSESSION |
TOUJOURS CETTE VIEILLE OBSESSION |
I come to this garden, I come here to restJe viens en ce jardin, j’y viens me reposer Early, each day upon risingMatinal chaque jour à mon lever I think of my lost love from over the seaJe pense à mon aimée perdue de par-delà la mer And sometimes I’ve wondered if she thinks of meEt quelquefois je me demande si elle pense à moi
I long to recall every kiss, every kind wordJ’aime me rappeler chaque baiser, chaque mot doux I miss her so much I could dieElle me manque tant que je m’égare But the creatures of evil have captured her heartMais les forces du mal ont envahi son coeur And that same old obsession still keeps us apartEt cette même vieille obsession toujours nous sépare
There’s peace in the garden, there’s peace in the airLa paix se trouve dans le jardin, dans l’air Peace in the sound of the riverPaix dans le son de la rivière There’s peace in the meadow, the sun shines like goldLa paix dans le pré, le soleil brille comme l’or And if she were with me, there’d be peace in my soulEt si elle était là, la paix serait dans mon coeur
I long to return to the place, I rememberJe veux retourner en ce lieu, où je me rappelle The taste of her lips close to mineLe goût de ses lèvres près des miennes I could do much better, if I could be strongJe pourrais aller mieux, si j’étais plus fort Come into my garden, but leave me aloneViens dans mon jardin, mais laisse moi seul
I come to this garden, I come here to restJe viens dans ce jardin, J’y cherche le repos Just as the night comes stealingJuste quand la nuit descend Someone is weeping, I’m calling her nameQuelqu’un pleure, j’appelle son nom Deep in the garden, deep in my brainAu fond du jardin, au fond de mon âme
I long to recall every kiss, every kind wordJ’aime me rappeler chaque baiser, chaque mot doux I miss her so much I could dieElle me manque tant que je m’égare
But the creatures of evil have captured her heartMais les forces du mal ont envahi son coeur And that same old obsession still keeps us apartEt cette même vieille obsession toujours nous sépare
Gord speaks out about his music : The “same old obsession” is probably another person, maybe a triangle, or maybe it’s just about a person’s need to be free. Anything that lurks out there to detract from or to try to destroy a relationship is painted as evil in this song – evil personified as a creature.
Gordon Lightfoot – 1972 – Traduction : Violette (Saint-Nazaire) – 2001 – Pour Bruno le jardinier |
LEAVES OF GRASS / BRINS D’HERBE |
The leaves of grass will not pass onLes brins d’herbe ne disparaîtront pasThough the millstones grind them into dustMalgré les meules qui les broient en poussièreFor the earth shall give new life to themCar la terre leur donnera une nouvelle vieBut only the grass will grow once moreMais seule l’herbe repoussera
And the brave must fall to honor the namesEt les braves doivent tomber pour faire honneur aux nomsOf the ones who have gone beforeDe ceux qui sont partis avant euxAnd the earth shall give new life to themEt la terre leur donnera une nouvelle vieBut only the grass will grow once moreMais seule l’herbe repoussera
If people could look into each other’s eyesSi les gens pouvaient se regarder les yeux dans les yeuxWhat a wonderful place this world would beCe monde serait vraiment un endroit merveilleuxAll strife would end, we could start againCe serait la fin des conflits, nous pourrions recommencerAnd dreams like these must not pass onEt des rêves comme ceux-là ne doivent pas disparaître
But the brave keep falling to honor the namesMais les braves doivent tomber pour faire honneur aux nomsOf the ones who have gone beforeDe ceux qui sont partis avant euxAnd the earth shall give new life to themEt la terre leur donnera une nouvelle vieBut only the grass will grow once moreMais seule l’herbe repoussera
And the brave must fall to honor the namesEt les braves doivent tomber pour faire honneur aux nomsOf the ones who have gone beforeDe ceux qui sont partis avant euxAnd the earth shall give new life to themEt la terre leur donnera une nouvelle vieBut only the grass will grow once moreMais seule l’herbe repoussera
The leaves of grass will not pass onLes brins d’herbe ne disparaîtront pasThough the millstones grind them into dustMalgré les meules qui les broient en poussièreFor the earth shall give new life to themCar la terre leur donnera une nouvelle vieBut only the grass will grow once moreMais seule l’herbe repousseraGordon Lightfoot – 1969 - Traduction : Christiane (Hazebrouck) – 2005 – Pour Bruno le jardinier. |
ETE DEROUTANT
Cet été n'aura pas duré longtemps
Il semble déjà moribond dans notre région
Nous gratifiant en juillet de quelques jours suffocants
Suivis en août d'un ciel de traîne languissant
Le constat est pour le moins affligeant
Reconnaissons qu'il n'y a plus de saisons
Hiver, été, automne ou printemps
Difficile aujourd'hui de faire des prévisions
Septembre se profile dorénavant à l'horizon
Saura t'il redorer à lui seul le blason ?
Il ne peut, de toute façon, être plus décevant
La question reste cependant posée... Attendons !
Bruno le jardinier - le 27 août 2008 -
Note : Nous ne garderons pas du mois d'août 2008 tout comme de celui de 2007 et des deux derniers été en général, un souvenir extraordinaire,impérissable. Tout simplement parce que nous n'avons pas eu le temps que nous méritons en cette saison.
A LA FERME
Je rêvais, il y a de cela quelques années
D’être personnifié en jardinier
Dans un grand château très distingué
Au service de châtelains attentionnés
Prêts à donner libre cours à ma créativité
Me voilà débarquant dans une ferme « sensée »
Reprenant des études à 40 ans passés
La tête pleine de riches idées, de projets
Voulant rattraper le temps perdu à jamais
Créant un jardin à la force du poignet
Il ne fallait pas flancher, se mettre en condition, s’accrocher
Mon chantier a démarré en hiver, il faut le rappeler
Pour comprendre tout bonnement la difficulté
J’ai commencé par dessiner les massifs, les allées
Planter, semer, nettoyer, exporter au compost les déchets
J’en ai eu des soucis, des ampoules, des suées
Des petits bobos, mes semelles souvent crottées
Du découragement, pas vraiment, car j’étais blindé
A l’écoute de « Dame Nature » en exclusivité
Imparti d’une telle mission que rien ne pouvait m’ébranler
Le but étant de faire un jardin avec de la diversité
En utilisant des fleurs sauvages, anciennes, utiles et gaies
Pour attirer une faune en voie de disparition, menacée
Pesticides et traitements n’ont pas ici droit de cité
Il y a assez de poisons dans la terre et d’air pollué
La morale de cette histoire c’est qu’il faut oser
Rien n’est jamais acquis, rien n’est jamais gagné
On s’éclate dans un boulot qu’on aime sans se retourner
Quand la passion s’en mêle, nos rouages se mettent à tourner
Rien ni personne ne peut alors vous arrêter
*sensée : comme la ferme du Sens évidemment.
Bruno le jardinier - le 22 décembre 2006 -
PETITE CHOUETTE
Note : elle aura partagé quelques minutes de ma vie et j'aurais aimé qu'elle s'en sorte. Malheureusement, le destin implacable en a décidé autrement
Il s'agit d'une rencontre que je n'avais jamais relaté
Celle d'une petite chouette* blessée avec un jardinier
Au milieu de la route, encore consciente, je la revois qui gisait
Un an s'est écoulé*** et je n'arrive toujours pas à l'oublier
Il y a eu d'abord ces deux grands yeux ronds sur la route qui brillaient
De nature curieuse, j'ai arrêté ma voiture sur le bas côté, émerveillé**
Un compagnon ou une compagne se trouvait près d'elle écrasé(e)
Encore une vie fauchée, me suis je dit, par la bêtise d'un automobiliste pressé
Toutes ailes déployées mais ne pouvant plus s'envoler
Suite à un traumatisme sérieux que je ne pouvais soupçonner
Elle a bien essayé de s'échapper de mes mains, sans succès
Me pinçant même plusieurs fois avec son petit bec crocheté
J'ai pensé, un moment, qu'elle serait peut-être une rescapée
Car bien au chaud, dans ma voiture, son corps s'est vite réchauffé
Réussissant même, avant la fin de mon trajet, à la calmer
Ne conduisant que d'une main, l'autre étant très sollicitée
C'est chez un vétérinaire**** que sa vie s'est un jour brusquement arrêtée
Quelques heures ou plus, quelle importance, après les faits cités
Cet épisode de ma vie me laisse un goût amer, vous vous en doutez
Chaque jour, hélas, de nouvelles victimes***** de la route sont à déplorer
Petite chouette, je ne t'oublierai jamais
Bruno le jardinier pour mon ami Philippe - le 8 août 2008 -
APPRENDRE A CONNAITRE POUR NE PAS NUIRE
Le jardinage étant une école de la vie par excellence, cette discipline à part entière, qui n’est, hélas, toujours pas pratiquée à l’école, devrait pourtant apporter aux hommes et aux femmes qui la pratiquent…la spiritualité, la paix, la sérénité, l’harmonie et un état d’esprit particulier pour leur permettre de nuire le moins possible à l’environnement et à la nature, à la fois si belle et si fragile, qui le compose.
C’est hélas loin d’être le cas car on s’obstine à répéter les mêmes gestes prédateurs chaque jour dans son jardin, à commettre les mêmes erreurs qui viennent de l’ignorance, de peurs ancestrales, de croyances, de raisonnements faux, de doctrines qu’on copie bêtement, sans doute aussi par peur de devoir s’extraire d’un quotidien trop pesant dont on semble se satisfaire. L’habitude étant l’antithèse de l’imagination créatrice, si l’homme ne se libère pas de son quotidien, il ne peut avancer sur le bon chemin, atteindre son point d’équilibre et se trouver en parfaite harmonie avec l’univers, la terre, avec les êtres qui la peuplent, avec lui-même et ses contemporains : c’est une évidence.
Résultat, il commet l’irréparable sans s’en rendre compte le plus souvent, ce qui est plus grave. A l’échelle planétaire, les nations mènent des guerres économiques mais aussi écologiques, avec des catastrophes sans précédent qui arrivent et qui devraient nous inciter à moins d’ambition, à plus d’humilité, à mettre aussi en avant le développement durable. Dans son jardin, la lutte de l’homme « moderne » contre son environnement prend une forme plus sournoise, moins médiatisée, mais elle est tout aussi réelle et efficace.
Alors je me pose des questions comme celle-ci par exemple : « pour quand des cours pratiques de jardinage dans les écoles, pour remplacer, ou mieux renforcer les cours de science de la nature trop théoriques à mon goût » ? Heureusement, des instituteur(trice)s n’ont pas demandé l’autorisation au ministre de l’éducation nationale pour être des avant-gardistes en la matière et mettre en place un jardin, à l’intérieur de l’école, avec leurs élèves, souvent dans les sections primaires et maternelles..
Je m’adresse maintenant à Monsieur le ministre en personne pour conclure :
« Pour quand un jardin dans chaque école avec des fleurs, des légumes, des insectes ?…ce n’est pas la place qui manque dans les établissements scolaires, mais plutôt une volonté réelle. Pour ne pas nuire plus tard à l’environnement et à la nature, ne faudrait-il pas apprendre à mieux les connaître quand on est petit » ?
Bruno Kania, le jardinier, président de l’association Jardinons Nature,
270, rue des Fusillés – 59650 Villeneuve-d’Ascq – Rejoignez-nous -
« Les hommes vont dans les étoiles, mais ils ne savent pas ce qui se passe dans le talus, en face de chez eux. » Jean Giono – Conversation.
Je pense que nous, les humains, nous sommes une espèce mal finie, une espèce stupide qui se massacre elle-même et qui massacre son milieu de vie, la Terre, la seule planète de l’univers connue avec une atmosphère, de la vie, de l’eau…des trésors inestimables qui sont en train de disparaître par notre faute.
Bien souvent la rage m’envahit, quelquefois la honte, au gré des nouvelles que je lis ou que j’entends, des choses que je vois, et je n’ai qu’un moyen pour me calmer : descendre au jardin, tripoter la terre, parler à mes fleurs, regarder la vie à l’œuvre dans toute sa splendeur et me dire que rien ne peut supprimer la vie. Je sais que nous sommes nombreux à penser ainsi, nombreux à nous dire qu’il faut éduquer les enfants et travailler en réseaux de résistance verte, modestes mais opiniâtres.
Notre façon profonde de concevoir la vie n’est peut-être pas adaptée à cette civilisation. Nous sommes comme les amérindiens à l’époque de l’invasion, la fameuse conquête de l’ouest : des gens dirigés par leurs rêves, qui vénéraient la nature, qui pensaient que la terre n’appartient à personne et sont soudain, violemment, confrontés à un mode de pensée totalement différent, prédateur, matérialiste, destructeur, à court terme, qui les a broyés.
Au fond de moi, couve un volcan de rage qui est prêt à exploser chaque fois que je vois quelque chose qui blesse la terre : cela va des détritus jetés çà et là, de la pollution de l’air et de l’eau qui est devenue un crime contre l’humanité, de la déforestation galopante, de la banalisation de la faune et de la flore, des bouquets de fleurs champêtres coupées puis jetées au bord du chemin, de la commercialisation de produits toxiques qui continue dans les jardineries, de la circulation routière anarchique, des gestes ou actes inconscients de certains…
Avec les budgets consacrés aux armes par nos sublimes décideurs, il y a de quoi faire un jardin d’Eden pour tous les habitants (flore et faune comprises) de notre Belle Bleue.
Il est grand temps d’arrêter de laisser des intérêts purement économiques dicter notre façon de jardiner, de penser et de vivre.
Bruno le jardinier, président de « Jardinons Nature ».
Le point sur l’Année 2007
Certains insectes pullulent cette année, comme les escargots et les limaces qui ont bénéficié d’une année favorable, douce et humide, pour se multiplier et ont profité de l’absence cruelle de leurs prédateurs directs et naturels, les hérissons, qui sont quasiment inexistants cette année dans le secteur de la Haute Borne à Villeneuve d’Ascq et en voie d’extinction dans les grosses zones urbaines et suburbaines. On connaît malheureusement les raisons de leur disparition. Elles sont imputables à l’homme mais j’y reviendrai dans un prochain article qui sera entièrement consacré à ces charmantes petites bêtes.
Beaucoup de coccinelles ont été aperçues cette année dans le jardin naturel, mais comme ce sont de grosses consommatrices de pucerons, personne ne s’en plaindra. Certaines de ces bêtes à Bon Dieu arborent aujourd’hui des couleurs orangées inhabituelles, que nous n’avions pas l’habitude de voir de par le passé. Elles viendraient d’Asie et seraient également de redoutables prédatrices des larves de leurs cousines, nos coccinelles locales. Si cela se confirme, c’est assez inquiétant.
Nicolas, ex-salarié de l’Association de réinsertion « Prêt du sol », une association amie de la nôtre qui a une grande parcelle de terre derrière la Ferme du Sens, a eu la géniale idée d’installer, en début d’année 2007, trois ruches dans le petit bois attenant à leur terrain. Le résultat ne s’est pas fait attendre : les abeilles ont été abondantes dans les massifs de fleurs et les récoltes de graines qui se poursuivent jusqu’en automne vont être généreuses cette année malgré une météo chagrine… pollinisation oblige.
LES PAPILLONS DE LA FERME
En tant que jardinier depuis 1998 de la Ferme du Sens et créateur du jardin naturel, je suis le témoin visuel privilégié et quotidien, depuis près de dix ans, de la faune sauvage présente au sein de ce jardin. Il a pour vocation, autre que son côté pédagogique, de devenir un mini sanctuaire pour les animaux, vertébrés et invertébrés, qui vivent en interaction directe avec les plantes que j’ai choisi de planter sur le site après mûre réflexion.
Les papillons
Il est loin le temps où, dans le jardin de mon père, dans les années 60/70, je pouvais apercevoir d’importants contingents d’insectes et de nombreuses variétés de papillons aux couleurs chatoyantes qui tournoyaient par dizaines autour de moi.
Dans les années 80, les effectifs de ces « fleurs du ciel » que sont les papillons a commencé à chuter dramatiquement. De nos jours, certaines espèces sont devenues très rares et ne se rencontrent qu’épisodiquement. Les facteurs de leur disparition sont nombreux : citons l’absence de plantes et de fleurs sauvages dans les jardins, la banalisation de la flore dans la nature, mais aussi la détérioration de leur habitat, les remembrements, les pesticides et la pollution ambiante. A noter que lors des périodes de sécheresse et de chaleur, leur nombre augmente tout de même sensiblement.
L’homme, ce super prédateur
L’homme, ce super prédateur, s’autorise le droit de chasser et de tuer. Alors que les animaux tuent pour se nourrir, l’homo sapiens s’est trouvé un jeu morbide, la chasse gratuite, pour assouvir un besoin de domination sur d’autres espèces jugées indésirables à ses yeux. Les chasseurs avancent comme prétexte qu’il y a trop de gibier à la fin de l’été, alors que cette situation de surabondance de lièvres, de lapins, de faisans ou de cailles a été voulue, par ces mêmes chasseurs ou d’autres, qui ont rompu un équilibre en supprimant, à la base, les prédateurs naturels du petit gibier à plume ou à poil. Ainsi renards, chats sauvages, blaireaux, lynx… sont exterminés, empoisonnés, traqués…pour permettre à des chasseurs avides de sang de poursuivre le carnage en se substituant aux carnassiers absents.
Il ne fait pas bon se promener le dimanche, par les chemins, en période de chasse. J’en ai fait récemment l’expérience avec ma compagne. Le risque de recevoir une balle n’est pas négligeable, mais c’est surtout le stress qui s’installe quand vous vous retrouvez tout au long de votre promenade agressé par le tir nourri des fusils qui claquent tout autour de vous. Quand il m’est arrivé de croiser, à plusieurs reprises, de par le passé, un groupe de chasseurs excités par le sang et parfois l’alcool, j’ai senti plus d’une fois le malaise monter en moi car je me suis mis dans la peau de ses pauvres animaux exterminés…pour le plaisir.
J’en viens naturellement à faire des corrélations peut-être parfois jugées un peu extravagantes :
On dit bien « Qui vole un œuf, vole un bœuf ».
J’ai envie de rajouter : « Qui sait tuer un lapin, doit être capable de tuer un humain ».
J’imagine ces chasseurs rentrer chez eux et reprendre leur vie tranquille. Ce besoin d’exterminer des bêtes le week-end doit rejaillir d’une façon ou d’une autre sur leur personnalité, sur les relations au bureau ou avec leur compagne. Ecraser, dominer, harceler, manipuler, imaginer des scénarios pour arriver à leurs fins…tuer.
J’en arrive au même constat dans le jardin, car à force de faire la guerre à l’aide d’herbicides contre l’herbe dite mauvaise, d’insecticides contre le puceron, ou de pesticides contre des maladies, en fin de compte, créées par l’homme, c’est un cercle vicieux qui s’installe.
L’homme ne se rend pas compte qu’il devient fou, qu’il est en train de jouer à l’apprenti sorcier et à la guerre contre sa propre espèce.
Gardons, s’il n’est pas trop tard, les pieds sur terre pour ne pas nuire à nous-même, à nos proches et à la diversité qui fait la richesse de notre planète.
Bruno le jardinier - le 21 juin 2007 -
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