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N°42 Automne 2009
LA LETTRE DE L'ASSOCIATION JARDINONS NATURE
Petite tortue « Aglais urticae » sur Aunée officinale « Inula helenium » *photo Bruno le jardinier –Août 2009 -
Association Jardinons Nature Bruno le Jardinier La Ferme du Sens 270 rue des Fusillés 59650 VILLENEUVE D'ASCQ
Mail : jardinonsnature@free.fr http://phengels.club.fr/jardinons-nature.html www.saveursetsaisons.com www.7lieux.com
EDITORIAL
« Si la vie n’est qu’un passage, sur ce passage au moins semons les fleurs » Montaigne – 1533/1592 - Ce dessin original réalisé à l’encre de chine sur papier Canson par mon fils Ludovic* (grand format 65cm/50cm) est le cadeau qu’il m’a fait à l’occasion de mon anniversaire qui tombait le 6 août dernier : il me représente dans un tee-shirt que j’ai beaucoup porté, avec une devise empruntée en partie à Montaigne, un philosophe, moraliste et homme politique français. Il commence malheureusement à être troué de toutes parts. C’est l’occasion d’en faire confectionner prochainement un nouveau et de le porter à la rentrée avec la phrase originale que j’ai retranscrite pour vous à côté le dessin. Pour ceux et celles qui ne le savent pas encore, j’ai perdu deux phalanges à la main gauche le 12 juin dernier suite à un concours de circonstances malencontreux. Mes bouts de doigts ont été happés puis broyés par la lame de ma tondeuse : il a fallu amputer deux morceaux. Cet accident a contrarié mes plans et m’a fait prendre du recul sur beaucoup de choses. C’est bien entendu un signe qu’il ne faut pas mésestimer. Obligé dans un premier temps au repos forcé, je ne pourrais jamais me résigner à arrêter de jardiner, car c’est dans mes gènes, un besoin vital et un peu ma raison de vivre. Ma vocation première est celle d’un jardinier paysagiste, sans doute atypique, mais qui a sa place : j’en reçois des témoignages tous les jours et j’en profite pour remercier ces personnes qui m’encouragent dans cette voie.
Fin 2007, j’ai senti le besoin de rebondir ailleurs, de peur d’être oublié. C’était une question de survie et de continuité. En avril 2008, je débarquais à la ferme Mession à Cobrieux et créais, sur une année seulement, pendant mes heures de repos, un nouveau jardin à la force du poignet. Ma compagne et mes enfants, enthousiastes, me donnèrent un coup de main. Me sentant là-bas plus serein, je m’adaptais à un nouvel environnement et donnais libre cours à ma créativité qui ne demandait qu’à s’épanouir. Ce jardin, dans un cadre préservé et ouvert sur les champs, est une nouvelle expérience, en ce sens que je l’ai voulu différent de l’autre : c’est, bien entendu, du travail supplémentaire qui est sans doute à l’origine de l’accident qui m’est arrivé dernièrement. Cependant je ne regrette rien. Je vous invite à venir voir le résultat un jour prochain. Il est libre d’accès. Du grand art, ce jardin ??? C’est en tout cas l’avis des randonneurs du dimanche qui s’arrêtent émerveillés. Un havre de paix aussi pour ce papillon, la vanesse petite tortue, que je ne voyais plus : il serait, tout s’explique, en voie d’extinction dans le nord de la France. Il m’est apparu plusieurs fois en août dernier et a apprécié les fleurs de la grande aunée. (voir photo en première page). Bonne rentrée, Bruno le jardinier LE JARDINAGE NATUREL Le jardinage selon Bruno « Main verte ou état d’esprit » suite
Elles sont rarement blanches mes mains, vous vous en doutez. J’ai besoin de toucher la terre, de la humer, de sentir sa texture sous mes doigts. Résultat des courses, la peau devient rugueuse, change de couleur, d’aspect, s’épaissit une fois les premières soufflettes passées qui font place à des callosités pas très gracieuses. Le désherbage chez moi s’effectue toujours à la main, à genoux, le plus souvent avec un couteau, style « opinel ». J’arrive à oublier la douleur occasionnée par les orties et les chardons, du moins au niveau des mains, leurs dards et épines n’arrivant plus à percer la cornée de ma peau. Je porte le plus souvent possible une chemise longue et un pantalon pour éviter les désagréments au niveau des bras et des jambes. Désherber proprement c’est un travail, c’est vrai, un peu répétitif mais duquel tout bon jardinier doit savoir s’acquitter. Non pas avec le pulvérisateur rempli de désherbant que l’on répand sur son trottoir, sur ses allées ou entre les plantes de ses massifs, en complet costard cravate le soir ou en pantoufles, à la sauvette, le dimanche matin, car on ne veut pas se donner le temps de bien faire les choses. C’est une pratique qui a un coût pour la santé de la planète et pour votre porte-monnaie. Le désherbage au couteau et à l’huile de coude est un geste bien plus gratifiant : indispensable pour éviter de polluer la terre qui n’en peut plus de recevoir des poisons, même à doses infimes. Savez-vous que se sont les jardiniers les plus grands pollueurs, bien avant les agriculteurs. Parce qu’ils sont plus nombreux tout d’abord et qu’ils ne respectent pas les doses prescrites sur les emballages, en en ajoutant toujours un peu plus. Vous vous dites certainement que mettre un peu de Round up ce n’est pas bien méchant. Cependant, votre geste répété par des millions de jardiniers de par le monde n’est pas innocent pour la nappe phréatique, la vie du sol, et les légumes que vous allez ensuite consommer. Nous sommes abreuvés de publicités mensongères distillées par des multinationales qui nous font avaler des couleuvres. A nous de ne pas tomber dans le panneau de la désinformation. Chacun devrait devenir un consommacteur pour ne pas acheter bêtement. La logique étant, bien entendu, de ne plus avoir recours à la chimie pour que notre jardin vive le plus naturellement possible : jusqu’à ce que l’équilibre, qui avait été rompu par notre faute, se remette en place. Cela peut prendre du temps, surtout si vous avez des voisins qui ne jouent pas le jeu, de leur côté. Revenons à nos moutons. Croyez-moi, le désherbage manuel, c’est de loin la meilleure des panacées. Quand vous vous serez adonné quelques heures à cet acte et que vous verrez le travail accompli en vous retournant, vous serez d’accord avec mon ami Jean-Paul qui disait ceci dans un de ses merveilleux ouvrages : « Le désherbage est un acte hautement créatif. Un vrai art de la fugue : vous décidez des instruments qui méritent de rester, et de ceux qui vont quitter la scène. En nettoyant un massif, vous le faites naître à nouveau : les plantes soupirent de bonheur » Jean-Paul Collaert –Le jardin comme on l’aime –Editions Edisud
FLEURS FIDELES
SAUGE SCLAREE Salvia sclarea
*photo Bruno le jardinier – Juillet 2009- Famille : Labiacées/Lamiacées. A savoir : Bisannuelle dressée, branchue, portant des vésicules velues. Cultivée dans le sud de la France pour l’industrie des parfums. C’est effectivement une plante très aromatique, attractive pour de nombreux insectes. Site : En plein soleil. Sol : Dans un sol moyennement riche, frais mais bien drainé. Floraison : Dans le courant de l’été, longues grappes terminales formées d’une abondance de fleurs dans les tons crème, lilas, rose et bleu. Hauteur : 100 cm. Semis : Semis de mars à mai sous châssis froid, pour repiquage ensuite dans un massif. Un deuxième semis peut également avoir lieu fin août/début septembre, directement en place. La floraison intervient alors l’année suivante. Récolte des graines : De la fin de l’été au début de l’automne. Couper les longues panicules qu’il faudra battre pour extraire les graines des réceptacles. Stocker au sec et au frais. .
LE COIN DES POETES
Parfums et réminiscences Verlaine
Après une longue absence, le jardin ramène à la mémoire des sensations qui semblent figées. La lumière, les bruits et les parfums, promesses de plénitude, laissent pourtant sourdre un étrange sentiment.
Ayant poussé la porte étroite qui chancelle, Je me suis promené dans le petit jardin Qu’éclaircit doucement le soleil du matin, Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.
Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelle De vigne folle avec les chaises de rotin… Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.
Les roses comme avant palpitent ; comme avant, Les grands lys orgueilleux se balancent au vent. Chaque alouette qui va et vient m’est connue.
Même j’ai retrouvé debout le Velléda Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue, -Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.
« Après trois ans », in Poèmes saturniens (1866), Paris, Gallimard, coll. « Poésie », 1973, p. 40.
Merci à Gérard et Françoise, nouveaux adhérents de l’association habitant Genech, de m’avoir fait redécouvrir ce merveilleux poème.
L’ARGENT
Il peut acheter une maison, mais pas un foyer. Il peut acheter un lit, mais pas le sommeil. Il peut acheter une horloge, mais pas le temps. Il peut acheter un livre, mais pas la connaissance. Il peut acheter une position, mais pas le respect. Il peut payer le médecin, mais pas la santé. Il peut acheter du sang, mais pas la vie. Il peut acheter du sexe, mais pas l’amour… De la part de Marguerite – Pour Bruno le jardinier –
Envoyez-nous vos jolis poèmes qui seront publiés dans cette lettre. N’oubliez pas de joindre vos coordonnées pour que nous puissions vous tenir informé(e).
LE COIN ASSO La visite des jardins du 20 juin 2009 Il me fallait revenir sur cette visite de jardins d’adhérents du 20 juin qui restera longtemps dans ma mémoire. Non pas que le compte-rendu qui avait été fait à l’époque par Christiane et moi-même n’était pas complet. Je voulais seulement revenir sur la conception et sur la composition des jardins qui reflètent, le plus souvent, la personnalité d’une seule personne, mais parfois de deux (l’homme et la femme), voir plus (les enfants). Visiter un jardin, c’est un peu comme rentrer dans l’intimité du jardinier ou de la jardinière qui l’a créé. Et quand il s’agit d’une œuvre collective, le jardin obtenu ne peut être, en principe, que plus abouti, si chacun respecte et apprécie le travail de l’autre. Chacun des intervenants amenant avec lui son grain de sel, sa sensibilité , sa technique particulière, ses coups de cœur, ses idées, sa fraîcheur, ses couleurs et ses plantes préférées, mais toujours en parfaite harmonie avec l’autre. Prenons pour exemple les réalisations de Mr et Mme Dubois à Wannehain ou de Mr et Mme Laude à Rumegies. Ces deux magnifiques jardins que nous avons eu la chance de découvrir ne seraient pas ce qu’ils sont aujourd’hui, si chacun(e) n’y avait pas mis du sien. La femme qui s’occupe des fleurs et l’homme des légumes est ici une image un peu dépassée. L’homme et la femme jardinent ici main dans la main pour obtenir un même objectif : une satisfaction personnelle. Et quand les enfants viennent eux aussi apporter spontanément une aide précieuse, c’est mon cas à Cobrieux, la satisfaction est décuplée et le jardin ne peut être que plus beau, plus resplendissant. Bravo à toutes et tous et encore merci..
DATES À NOTER DANS VOTRE AGENDA
Notre prochain troc Le samedi 17 octobre, de 14h00 à 17h00 Nos prochaines sorties Le dimanche 13 septembre - Fête de la tomate et des légumes anciens à Haverskerque, près de Merville. Si vous ne connaissez pas encore, c’est l’événement de l’année à ne pas louper. Horaires 10h00/18h00. Comme chaque année nous tenons un stand sur lequel vous êtes les bienvenu(e)s. (Co-voiturage / départ de la Ferme du Sens à 8h45)
Le mercredi 11 novembre – Troc de plantes à Bourghelles.
Pour info : cette année nous ne participerons pas au salon Natura Bio qui se déroule chaque à Lille Grand Palais le dernier week-end de novembre : cette manifestation sur trois jours sortant trop du cadre des activités de notre association. |
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