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N°39 Hiver 2008-2009
LA LETTRE DE L'ASSOCIATION JARDINONS NATURE
Nigelle de Damas –Nigela damascena
Association Jardinons Nature Bruno le Jardinier La Ferme du Sens 270 rue des Fusillés 59650 VILLENEUVE D'ASCQ
Mail : jardinonsnature@orange.fr http://phengels.club.fr/jardinons-nature.html www.saveursetsaisons.com www.7lieux.com
EDITORIAL
« Plus la terre contient des formes de vie, plus la vie sous toutes ses formes est protégée. » Frank Herbert Henri, un ami que je croise de temps en temps avec son épouse à la Ferme du Sens m’offrait dernièrement des numéros encore récents d’une revue bio par excellence, Nature et Progrès, que je n’avais plus eu l’occasion de lire dernièrement. Organe de la F.I.A.B , Fédération Internationale d’Agriculture Biologique, cette revue nous plonge au cœur des préoccupations, des problèmes et des menaces qui pèsent sur l’agriculture biologique et l’environnement en général. On y apprenait par exemple, dans le numéro que j’étais en train de dévorer, que les insectes étaient de précieux indicateurs de santé des biotopes, vulnérables aux plus infimes pollutions, et que s’ils venaient à disparaître, ce qui semble se confirmer, suite à la lutte sans merci que nous menons contre eux depuis des décennies à grands renforts de pesticides mais aussi en détruisant leurs biotopes, nous aurions du souci à nous faire car cette guerre aujourd’hui semble se retourner contre nous. Comme les produits phytosanitaires de toutes sortes sont légions et hélas pas toujours utilisés avec raison, les molécules chimiques, en se mélangeant entre elles, mutent pour donner des substances dont nous ne connaissons pas les effets pour la santé de l’espèce humaine. Nous pouvons avoir de sérieuses inquiétudes en effet car nous sommes au sommet de la pyramide alimentaire. Des maillons de la chaîne commençant à manquer, nous risquons de tomber de bien haut et de ne pas pouvoir nous relever. En continuant ma lecture, j’apprends que la pollution est sournoise, s’infiltre partout et même dans des régions théoriquement préservées comme le Parc naturel du Morvan. L’eau étant un précieux indicateur de la qualité d’un milieu, j’apprends que là-bas aussi, les eaux sont contaminées et impropres à la consommation. Comme elles manquent d’oxygène, plus de chance de revoir des nuées d’éphémères, ces gracieux insectes ailés affiliés à une eau de qualité, qui s’envolaient le soir par milliers, l’espace de deux heures, puis mouraient après avoir assuré leur descendance. Très inquiétantes aussi, ces bestioles nuisibles qui sont devenues résistantes aux produits de traitement ou qui viennent d’autres contrées (invasives). Au fait, la coccinelle asiatique gagne du terrain chaque année au détriment de notre coccinelle endémique. L’homme a inventé les pesticides puis les O.G.M parce qu’il pensait sans doute que les plantes étaient incapables de se défendre elles-mêmes ! Quel manque de confiance en Dame Nature quand même ! Ne faudrait-il pas privilégier les variétés anciennes plus résistantes aux maladies et les cultures moins gourmandes en eau…toujours elle, au détriment des hybrides. Arrêter une fois pour toutes la monoculture au profit des associations pour éviter des traitements superflus et coûteux, ménager aussi la terre qui n’en peut plus. Je vous laisse méditer à tout cela. J’espère qu’il n’est pas trop tard pour sauver ce qui peut encore l’être. Meilleurs vœux pour 2009, Bruno le jardinier
LE JARDINAGE NATUREL
NOUVELLES ET ANECDOTES EN DIRECT DU JARDIN NATUREL DE LA FERME DU SENS -Novembre 2008 -
Les arbres alentours et ceux du jardin ont perdu leurs dernières feuilles durant le week-end prolongé du 11 novembre, suite à deux tempêtes d’une rare violence qui se sont succédées coup sur coup. Résultat des courses : il a fallu ratisser mercredi, jeudi mais également vendredi et ramasser des déchets en tous genres ramenés par le vent. C’est incroyable ce que peuvent jeter les gens de passage, notamment les automobilistes, qui ne se gênent pas pour se débarrasser, par la vitre de leur véhicule d’une canette, d’un mouchoir, d’un paquet de cigarettes, de mégots ou de l’emballage de leur sandwiche qui atterrissent dans les plates bandes de fleurs, notamment rue des Fusillés qui voit un flux incessant de véhicules passer : pollutions olfactives et sonores garanties. Nous sommes à la mi-novembre et les quelques gelées blanches de la fin octobre n’ont pas trop affecté les plantes qui continuent de fleurir au ralenti. Même les capucines qui ont été semées derrière la ferme par Christiane au printemps sur l’énorme tas de cailloux font de la résistance. A proximité se trouve cette fameuse butte de terre qui est en train d’être transformée en jardin avec terrasses par Jacques, son époux. Travail colossal mais pas insurmontable pour ce jeune octogénaire créatif et plein de ressources. Les plantations vont bon train et se poursuivront tout l’hiver, chaque matin, si le temps le permet. Avis aux amateurs pour venir les assister, lui et sa charmante épouse. Cette partie méconnue du jardin située derrière la boulangerie mérite qu’on s’y intéresse de plus près. Les plantations variées et très denses prêtent à la flânerie, à une immersion dans un monde qui me rappelle mon enfance, quand je jardinais dans le jardin luxuriant de mon papa. C’est très ressourçant de s’y promener, parole de Bruno le jardinier. Cela prête bien entendu à l’observation, le sens à mes yeux le plus important pour un jardinier. Je ramasse encore des graines en novembre : graines de pavot de Californie … Ecrire son nom scientifique sans faire une faute de frappe n’est pas donné à tout le monde. Il s’agit de « Eschscholzia california ». Un chrysanthème à manger, eh oui, cela existe ! Le chrysanthème des jardins « Chrysanthemum coronarium » est une plante annuelle courante, décorative et comestible (feuilles à ajouter aux salades). Elle n’a jamais été aussi belle et florifère dans le jardin naturel qu’en ce mois de novembre, semée en été sur la butte par Christiane mais également dans les massifs du parking, près de la chapelle. Avec les malopes, les soleils vivaces « Lemon Queen » et les sorghos aux beaux épis noirs, le décor est au rendez-vous et je l’espère encore pour longtemps si l’hiver se fait tirer l’oreille jusqu’à Noël et pourquoi pas plus longtemps. Avis aux agriculteurs qui ne jurent que par le maïs : et s’ils remplaçaient celui-ci par du sorgho moins gourmand en eau. C’est à un ami écolo que je dois cette révélation qui je l’espère ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd. A suivre… Bruno.
LE COIN DES POETES
NOUVELLE ANNEE Ça y est 2008 est né Que vais-je faire cette année ? Présenter mes vœux Faire ce que je veux Oui les deux Soigner mon environnement Comme ma rage de dents Répondre à mes besoins Comme tendre la main Oui les vœux d’amour Sont un aller-retour Alors prendre son billet Utilisable toute l’année Pas seulement le 1 er janvier Faire ce qui doit être fait Comme ce qu’il nous plaît Prendre le train de sa destinée Quelle bonne idée Quelle bonne année Françoise Delattre –formatrice et poète- Pour Bruno le jardinier le 5 janvier 2008 Note : j’avais promis à Françoise de publier son joli poème dans la lettre de l’hiver 2008/2009. Voilà qui est fait. Ecrit spontanément avec le cœur et le talent qu’on lui connaît, elle me l’adressa par mail, début janvier 2008, à l’issue d’un stage de deux jours qui venait de se dérouler à la Chambre des Métiers de Croix, dans le cadre d’une formation initiée par la société Transpole, à laquelle je participais. Que nous réserve 2009 ? On nous annonce encore une année difficile, qu’il va falloir faire de nouveaux sacrifices, que le pouvoir d’achat va rester en berne… J’ai envie de répondre aux défaitistes en tous genres qui sont là pour saper le moral des troupes, à ceux qui ne se gênent pas non plus pour nous faire endosser et payer les erreurs du passé (les politiques ont leur part de responsabilités) que la vie continue malgré les difficultés et qu’il ne faut pas baisser les bras. Il y a aussi en chacun de nous un potentiel et des merveilles cachées qui ne sont, hélas, pas toujours exploités. Car nous nous satisfaisons le plus souvent de ce que nous avons, mais garderons-nous toujours les mêmes privilèges ? Dans l’incertitude, ne faut-il pas essayer de s’en sortir individuellement, en créant quelque chose de ses propres mains qui nous apporte une satisfaction personnelle ou pour laisser une trace : cela peut-être un jardin. Travailler dans de bonnes conditions en aimant ce que l’on fait et en n’acceptant pas n’importe quoi… un challenge aventureux, une tâche hasardeuse, c’est très important : cela permet de réfléchir, de se positionner, de se ménager aussi pour éviter l’accident ou la maladie. Quant à travailler plus pour gagner plus d’argent, je laisse cela à ceux et celles qui n’existent que par leur travail, qui ont peur de leur ombre ou qui ne savent plus rêver. Bruno. Envoyez-nous vos jolis poèmes qui seront publiés dans cette lettre. N’oubliez pas de joindre vos coordonnées pour que nous puissions vous tenir informé(e).
FLEURS FIDELES NIGELLE DE DAMASNigela damascena
Famille : Renonculacées. A savoir : Plante annuelle dressée à tige unique. Jolies fleurs d’un beau bleu ciel, formant des fruits très décoratifs. C’est une valeur sûre dans un jardin naturel et sauvage. D’une fidélité à toute épreuve, elle attire de nombreux butineurs. Site : En plein soleil. Sol : Dans tout type de sol, bien drainé, même pauvre. Floraison : De mai à août selon l’époque du semis. Les fleurs terminales, de 2 à 5 cm de diamètre, sont d’un beau bleu pastel, entourées d’une collerette de feuilles très divisées. Hauteur : 50 cm environ. Semis : Très facile. Semer en place au printemps ou en automne. Se ressème spontanément. Récolte des graines : Dans le courant de l’été. Couper la tige sous le fruit quand celui-ci est sec. Il suffira ensuite de presser le tout puis de tamiser pour récupérer les graines. Stocker au sec et au frais.
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