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JARDINEZ NATURE N°34 Automne 2007
LA LETTRE DE L'ASSOCIATION JARDINONS NATURE
Fenouil sauvage “Foeniculum vulgare”
Association Jardinons Nature
Bruno le Jardinier La Ferme du Sens 270 rue des Fusillés 59650 VILLENEUVE D'ASCQ
http://phengels.club.fr/jardinons-nature.html EDITORIAL
« Il faut choisir : se reposer ou être libre. » -Thucydide -
Le français serait-il un grand causeur et en parallèle un petit faiseur ? A bien y réfléchir et avec l'expérience atypique de la vie que je traîne derrière moi - je viens d’avoir 50 ans le 6 août dernier- je suis tout proche de le penser car je me rends compte que beaucoup de beaux projets qui tiennent la route de nos jours, aboutissent difficilement dans notre beau pays, faute, mais c’est moins sûr, d’une réelle volonté d’aboutir chez ceux et celles qui en sont les instigateurs. Plutôt parce que ceux et celles qui tiennent l’argent et le pouvoir ne sont pas toujours prêts à partager avec ceux qui le méritent vraiment. Le profit à court terme étant pour certains nantis la principale préoccupation, ils préférent, sans état d’âme, s’occuper de leur propre personne en se contentant d’ajouter de nouvelles pierres à leur patrimoine immobilier et des euros sur leurs comptes banquaires.
« Dormir et la mort sont comme frère et sœur ».--Lord Byron- Celui qui veut s’en sortir malgré tout avec un bon projet en tête, se retrouve donc le plus souvent seul et démuni face à l’adversité : se reposer devenant même un luxe dont il ne peut abuser de peur de ne pas pouvoir se relever. Car la liberté a un prix vous l’aurez compris. Si on écoute certaines personnes qui ont baissé les bras, on ne fait plus rien de sa vie, on n’entreprend plus rien. Cela régle beaucoup de problèmes, allez-vous me dire, mais la frustration est trop grande pour celui qui veut laisser une trace et ne pas passer à côté de sa vie. Il faut réagir, ne jamais baisser les bras, éviter de courir plusieurs projets en même temps, se fixer un objectif et s’y atteler jusqu’au bout avant de passer à autre chose, trouver si possible un créneau qui n’a pas encore été utilisé par les autres, faute d’avoir à faire face à une concurrence souvent déloyale, s’entourer enfin de belles âmes désintéressées qui veulent faire passer de belles valeurs. Elles existent, rassurez-vous.
L’association Jardinons Nature est à l’aube de son existence. Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, je lance un appel à tous nos adhérents et à ceux qui vont nous rejoindre, en leur demandant de nous faire confiance et en ne baissant pas les bras La nature a besoin de nous. Nous sommes là pour donner un coup de pouce à cette nature de plus en plus fragilisée, faire aussi passer un message, une philosophie particulière qui va dans le bon sens ou encore notre charte, à méditer tout naturellement, chacun de notre côté ou tous ensemble.
Bonne rentrée à toutes et à tous. Bruno le jardinier LE COIN DES POETES
LE PORTAOU
Que serait notre univers Sans ses fleurs vermeilles La ruche sans ses abeilles Noël sans son décor de houx *Patricia et Hans sans leur **Portaou
Pierre Ronchin - Mérignies -59- Pour Patricia et Hans
*Patricia et Hans, adhérents de notre association, tiennent dans le département de la Lozère, à Saint-André Capcèze, charmant petit village des environs de Villefort, des chambres d’hôtes et un grand gîte dans une belle fermette restaurée, **Au Portaou, « au vieux porche » en langue cévenole ». Vous qui aimez le calme, la nature, les randonnées au soleil, la cuisine saine, variée et bio*faite par Patricia, un véritable cordon bleu., venez découvrir de toute urgence ce bel endroit et ses hôtes charmants pour vous désintoxiquer de la ville et de ses nuisances. *Un repas peut être pris chaque soir avec les propriétaires et d’autres touristes présents. L’occasion de nouer des contacts, de manger de bons produits du terroir et les légumes du jardin préparés avec amour par Patricia. Pas besoin ici de télévision, d’ailleurs il n’y en a pas, pour passer des soirées vraiment captivantes. On se réunit aussi chaque matin autour d’un petit déjeuner copieux. Les confitures « maison », originales et variées de Patricia, toujours elle, sont extraordinaires. Patricia Tholet&Hans-Dieter Röcher « Au Portaou » Valcrouzès 48800 Saint-André Capcèze Tél/Fax : 04 66 46 20 10 E-Mail : AU-PORTAOU@WANADOO.FR
Envoyez-nous vos jolis poèmes qui seront publiés dans cette lettre. N’oubliez pas de joindre vos coordonnées pour que nous puissions vous tenir informé(e).
FLEURS FIDELES
FENOUIL SAUVAGE « Foeniculum vulgare »
Famille : Apiacées /ex. Ombellifères A savoir : Vivace à enracinement profond, formant des touffes légères et gracieuses. Aromatique et condimentaire à l’odeur anisée, fleurs et graines ont un usage culinaire et médicinal. Les fleurs attirent de nombreux insectes butineurs. Les tiges sèches servent d’abris aux insectes . C’est la plante hôte par excellence de la chenille du papillon machaon : espèce devenue très rare. Site : En plein soleil. Sol : Dans un sol à la fois fertile et bien drainé. Floraison : De fines tiges ramifiées apparaissent, portant de minuscules fleurs jaunes, en ombelles aplaties, suivies de graines aromatiques. Hauteur : 180 cm.. Semis : Semer au printemps quand la terre se réchauffe. On sème directement en place, à la volée. Se ressème seul. Récolte des graines : En automne. Un travail de nettoyage est à effectuer car les graines restent accrochées aux ombelles. Tamiser. Stocker au sec et au frais.
Deux nouvelles fleurs sont à parrainer en cette rentrée de septembre :
33-Aigremoine « Agrimonia eupatoria » 34-Sauge glutineuse « Salvia glutinosa »
LE JARDINAGE NATUREL
Folles herbes - deuxième partie -.
Folles herbes le long d’une voie ferrée.
Hellemmes possède l’insigne honneur d’abriter sur son territoire les Ateliers de la SNCF. Cet immense terrain industriel est situé au sud de la commune et est orienté pratiquement Est-Ouest. Il est parcouru par la voie ferrée reliant chaque jour Lille et Tournai et desservant aussi Hellemmes, les gares de Villeneuve d’Ascq et d’autres.
Pour accéder à cette station il faut traverser les Ateliers par une passerelle métallique surélevée. Au débouché de cette passerelle, un chemin part vers l’Est longeant les derniers champs cultivés de Hellemmes et de Lezennes : vestiges d’une zone rurale ayant échappé, jusqu’à présent, à la boulimie constructive des promoteurs, de leurs clients et de certains édiles municipaux en quête de nouveaux électeurs.
Quand j’en ai assez de marcher, avec attention, sur les trottoirs de ma commune encombrés de toutes les pestilences citadines (crottes canines, déchets domestiques, encombrants, voitures inciviles) je traverse la passerelle et herborise le long de la barrière de cette voie ferrée sur ce chemin appelé Pavé Napoléon (pauvre empereur !).
Du gravillon, sur lequel repose le ballast et les traverses de la voie, s’est un peu déversé sur la berme du chemin créant un biotope au sol drainé, donc sec.
Sur ce terrain ingrat j’eus la surprise de découvrir que prospéraient de nombreuses plantes fleuries.
Généralement en touffes denses, séparées, d’abord des Résédas jaunes (R. lutea, à ne pas confondre avec un autre réséda la Gaude (Reseda luteola !). Ensuite la Vipérine et ses hampes rouges et bleues. Moins nombreux et déjà en fruits, de grandes aigrettes signalent un scorsonère sauvage (Scorsonera purpurea) : les fleurs pourpres ont disparu mais les feuilles de graminées sont éloquentes. Çà et là, le millepertuis perfolié, le mélilot blanc et ses inflorescences graciles, le compagnon blanc et de rares pieds de coquelicot et de linaire commune.
La découverte la plus étonnante pour moi : là croissaient plusieurs exemplaires de Baguenaudier (Colutea arborescens), un arbuste que je n’avais rencontré que dans la Drôme. Il est facile à reconnaître, c’est une papilionacée : ses grandes fleurs jaunes avec un délicat filet rouge, en courtes grappes donnent naissance à des gousses grises, sèches, gonflées de gaz et dont les graines, à maturité, servent de grelots !
Cette plante n’est pas répertoriée dans le Nord et sa répartition en France est localisée aux montagnes calcaires, au Midi, à l’Est et au Centre. Au Nord elle ne semble pas spontanément dépasser les Ardennes. Elle est même protégée en Lorraine. C’est une espèce qui typiquement aime la chaleur, propre aux voies ferrées, (thermophile), le soleil (héliophile) et la sécheresse (xérophile). Attention à ne pas goûter aux graines elles sont toxiques ! Voilà une plante ornementale qui peut facilement s’adapter à nos régions septentrionales pour le plaisir des yeux. Fleurs et graines font le délice des yeux au moins depuis juin jusqu’en septembre…
L’origine de cette plante en ce lieu ? Des graines échappées du Midi et transportées par des oiseaux ou par les trains de la SNCF !
Je tiens à votre disposition des graines de cet arbuste : je vous les apporterai à notre prochain troc de plantes et de graines, le samedi 13 octobre 2007. En attendant je vous invite à vous baguenauder dans la campagne en pensant à cet arbuste qui a donné naissance à ce beau nom. On imagine qu’il évoque les enfants du Midi se promenant sans but précis et s’amusant à faire exploser dans leur main les fruits de cet arbuste : les baguenaudes.
A d’autres découvertes !
Juin et septembre 2007
Georges Novel - Jardinons Nature |
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