Comment résister au charme des érables japonais quand ils déploient leur feuillage dans une lumière diaphane qui les sublime ? Ici l’ Acer Sengokaku

 

 

 

Partout la vie explose. J’en ai plein les yeux, j’en suis toute étourdie. Les plantes de terre de terre de bruyère sont à l’apogée de leur splendeur. C’est l’apothéose avec le Magnolia soulangeana “Lennei”, l’aristocrate des jardins aux calices rose et blanc.

Magnolia soulangeana 'Lennei'

Dans les mêmes tons s’épanouissent les clochettes du Rhododendron orbiculare ssp orbiculare dont j’attends toujours qu’elles me tintent aux oreilles. Avec un peu d’imagination... Plus haut que lui le merveilleux Rhododendron “Cunningham’s White” ne laisse personne indifférent. J’ai eu la grande chance de réussir une marcotte qui aujourd’hui a dépassé en hauteur et volume son parent de vingt ans. Il illumine le jardin d’ombre en mai. Il faudra que je lui trouve une compagne digne de sa splendeur, fut-elle éphémère.

        

                                       Rhododendron 'Cunningham's White'             Rhododendron orbiculare ssp orbiculare

Autour des rhododendrons bleus (Rhododendron russatum “Lauretta” ) les petites pagodes jaunes des Erythronium pagoda à la grâce infinie se laissent caresser par les Matteuccia strutiopteris qui se déroulent comme des serpents sortis de leur panier. Ces dernières trouvent là la fraîcheur nécessaire bien que les derniers étés l’aient fait cuire. On ne peut se passer des fougères au jardin, elles y sont essentielles pour leur forme, leur texture, leur odeur de foin coupé. Elles n’ont pas leur pareil pour illuminer les coins sombres.

Après les bulbes, les euphorbes sont le deuxième élément phare du jardin au printemps. Elles s’accommodent de toutes les situations. Avec leur feuillage glauque ou pourpre, le port toujours élégant elles comptent parmi les plantes du jardin les plus précieuses. Les Euphorbia myrsinites éblouissantes en avril s’étalent, serpentent parmi les bulbes et tout au long de l’année adoucissent le coin des marches de leur feuillage bleuté. Les euphorbes semblent (plus que les fritillaires) boudées par les mulots et c’est tout bon pour les bulbes plantés parmi elles. J’avais commencé par Euphorbia polychroma à feuilles caduques, puis gagnée par la passion pour ces plantes couleur chartreuse j’ai cherché celles à feuilles persistantes Euphorbia amygdaloides var. robbiae et purpurea , Euphorbia dulcis “Chameleon” un caduque à feuilles rougeoyante qui se sème partout. Les feuillages sombres atténuent l’acidité des jaunes dans le parterre corail et en été absorbent les rouges éclatants des pavots et des crocosmias.

  

L’air se remplit des parfums envoûtants des viornes et des daphnés. Viburnum burkwoodii s’incline sur les derniers narcisses pendant que V. carlesii gonfle son coussin brodé de boutons roses. Les autres viornes sont également au rendez-vous mais le parfum en moins. Sur le talus le Daphne burkwoodii 'Somerset' croule sous les fleurs et nous saoule tant il sent fort. Le très jeune Osmanthus x burkwoodii ne s’en laisse pas compter, tout jeune soit-il.

 

                                       Daphne burkwoodii 'Somerset'                                         Viburnum burkwoodii

Les Choisya fleurant le loukoum à la fleur d’oranger sont bien tentateurs et les cétoines qui les visitent ne s’y trompent pas. C’est tout le talus qui embaume.

  Viburnum carlesii                          Choysia 'Aztec Pearl'   

C’est une poésie, c’est une symphonie, c’est une gourmandise offerte à qui sait regarder, humer, effleurer et savourer.

                            

                           Malus 'Van Eseltine'                                                                                   Malus x 'Aldenhamensis'

Dans toute cette effervescence, je n’ai pas vu arriver le joli mois de Mai. Le soleil matinal caresse maintenant le pied de mon lit tandis que le merle dans le magnolia joue les réveil-matin. Tous les passereaux sont maintenant revenus de leur migration et le grand orchestre symphonique se met en place pour son hymne à la gloire du jardin. Jours après jours, branches après branches, buissons et arbres déroulent leurs pousses tendres. Pendant que les uns dispersent au vent leurs pétales en nuées roses ou blanches, d’autres se parent de leur plus beaux atours. Dans le verger le Malus “Van Eseltine” s’élance vers le ciel tandis que le Malus x 'Aldenhamensis' étend ses bras drapés de pourpre au-dessus du banc.

Mais les vedettes incontestées du mois de mai, ce sont les lilas. Après avoir fait des expériences malheureuses avec des lilas greffés je n’en avais plus pendant des années.

Mais comment se passer de lilas alors que leur floraison est un moment de grâce qui nous transporte aux douces heures de l’enfance. L’éclosion du thyrse se décline en une palette de nuances à faire pâlir un peintre. Les Syringa (oui, c’est ainsi qu’ils se nomment) ont un autre atout pour nous charmer : un parfum inoubliable dont les volutes nous enveloppent de senteurs douces, tendres, poivrées, suaves. Ils nous séduisent mais savent aussi étonner avec les botaniques au feuillage un peu plus attrayant le reste de l’année. Il en existe des petits à feuilles laciniées comme le lilas d’afghanistan (Syringa afghanica) ou le Syringa reticulata pekensis arborescent à belle écorce.

Encore baignée de fragrances suaves je perçois au coin de la maison des arômes vanillés . Ce sont ceux de la très généreuse Clematis montana 'Mayleen'. Quand son parfum s’éteindra celui du rosier liane “ Francis E. Lester” s’épanouira dans la même gamme avec les notes sucrées de Wisteria floribunda 'Macrobrotys' .

 

                                  

                          Syringa 'Princess Sturdza'             Clematis montana 'Mayleen'            Wisteria floribunda 'Macrobrotys'

Le nez au vent, je vais où les odeurs m’invitent. Laissant derrière moi, lilas, viorne et genêts je tombe en arrêt devant un bouquet d’Iris pallida aux fragrances ambrées. J’en ai planté dans tous les coins du jardin pour leur couleur, leur prestance, leur générosité et leur longue floraison. Avec les iris, comme pour les bulbes, j’ai éliminé les gros prétentieux, ces grands américains chatoyants, tarabiscotés et trop lourds dont la floraison est souvent décevante, trop brève et trop clairsemée. Pendant que les I. pallida, les petits germanica ou les intermédiaires font de beaux massifs très florifères, les gros hybrides peinent à me sortir trois hampes de fleurs. Néanmoins j’en ai gardé un très beau blanc et un jaune dans
la cour, tous deux merveilleusement aromatisés de notes citronnées et dont je n’ai malheureusement pas gardé le nom.

Comment résister à ces beautés aux teintes de guimauve ? (iris 'Hocus Pocus' à gauche et 'Serenity Prayer' à droite), deux Iris barbus Lilliputs.

 

Nous avons vu que la floraison des iris commence au jardin avec les petits bulbeux en mars, elle se poursuit avec les iris barbus lilliputs et nains, puis les intermédiaires avant les grands Iris germanica. Avec les I. pseudocarus et les iris de Sibérie, ils assurent l’attrait des bordures cinq mois durant.

Les belles allées d’iris nous mènent tout droit au mois de juin, mois de l’opulence roi incontesté des roses.

   

                                                                  Iris pallida et intermédiaires                                  Iris flavescens

 

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