Les samedi 13 et dimanche 14 juin 2009

 

Il était possible de visiter le jardin de son voisin à l’initiative de l’association des Jardiniers de France*

 

 

L’association des Jardiniers de France réitérait encore cette année l’opération « Bienvenue dans mon jardin » à laquelle je participe volontiers chaque année car de nouveaux contacts se nouent lors de ces deux journées réservées aux passionné(e)s de jardins.

 

Cette année, ce n’est pas un, mais deux jardins que j’ouvrais au public. Celui de la Ferme du Sens à Villeneuve d’Ascq qu’il faut appeler désormais  jardin de « Saveurs et Saisons » ; vous savez la biocoop à l’angle de la rue des fusillés et de la route de Sainghin ; S.A.R.L dont je suis employé à mi-temps en tant que jardinier. Puis mon nouveau jardin qui vient d’avoir un an, sur une commune du Pévèle, Cobrieux, dans une ferme là encore ; la Ferme Mession**.

 

Personnellement, je préférais l’appellation « Ferme du Sens » pour parler du premier lieu qui rassemble diverses activités tournant autour de la bio (la biocoop bien entendu mais également la brasserie « Moulins d’Ascq », le magasin de coton biologique « Aquanatura », le restaurant « Le Bioze », les associations « Prêt du sol » et « Jardinons Nature ». Cette ferme aurait-elle perdu de son sens pour qu’on ne veule plus l’appeler ainsi ? Je ne crois pas. C’est plutôt une volonté délibéré des dirigeants.

 

Revenons sur nos moutons. Je ne vais pas m’attarder plus longtemps sur le jardin naturel de « Saveurs et Saisons ». Beaucoup de monde le connaît et il a été déjà assez souvent publicité dans des revues de jardinage ou des journaux locaux : même T.F.1 s’est déplacé en 2008 et il figure maintenant, c’est tout récent, sur le site internet du centre d’écologie européen « Terre vivante ». Ce jardin n’a pas beaucoup changé depuis sa création en 1999 ; il est resté toujours le même, c’est ce qui fait son charme et lui donne même une âme. Pourquoi vouloir changer une recette qui  marche. Généreux, vivant, voir exubérant au début de l’été, il se fait un peu oublier en hiver mais renaît toujours de ses cendres au printemps avec une force extraordinaire. Le jardinier passionné et autodidacte qui vous parle l’a voulu ainsi, c’est son jardin, pas celui de monsieur tout le monde ou un projet influencé par une idéologie quelconque.

 

L’autre jardin 

 

Au printemps 2008, Jean-Pierre et Annie qui sont les propriétaires de la ferme Mession à Cobrieux***, une petite commune du Pévèle, prenaient contact avec moi car ils apprenaient que j’étais à la recherche d’un terrain pour donner libre cours, encore une fois, à ma passion pour le jardinage qui reste intacte malgré une sale blessure à la main gauche, le 12 juin 2009, occasionnée par une tondeuse à gazon : accident qui va m’obliger d’arrêter le travail un certain temps. En avril 2008 donc, je prenais possession d’une grande pelouse et j’avais la carte blanche du propriétaire pour réaliser un jardin qui allait encore une fois être atypique. Rien à voir avec celui de Villeneuve d’Ascq, même si beaucoup de plantes dans les deux jardins sont communes.

 

J’ai dessiné d’innombrables formes géométriques sur la pelouse, qui sont devenues autant de jardins avec des thèmes différents. Tous mes loisirs ou presque en 2008 puis 2009 se sont passés dans ce jardin mais le résultat au bout d’une année de travail est tout à fait remarquable. Les gens qui se sont pressés samedi et dimanche (environ 30 personnes) pour le découvrir en gardent forcément un bon souvenir car le cadre, tout d’abord, est exceptionnel. Comme nous sommes en pleine campagne, la couleur verte qui est partout dominante se retrouve tout à coup reléguée au second plan à la vue de ce jardin qui est un concentré de fleurs, de couleurs et de senteurs. L’objectif d’un tel jardin c’est bien entendu de donner un coup de pouce à la nature qui en a bien besoin, elle qui recule partout sous l’emprise de l’homme qui n’en a jamais assez. Le message que j’ai voulu aussi faire passer, c’était qu’on pouvait en peu de temps et avec un budget quasiment inexistant, réaliser un magnifique jardin qui va attirer une foule d’insectes car les végétaux ne sont pas ici choisis à la légère. Ils ont une utilité et leur rusticité est importante. Une quinzaine de chenilles de machaon étaient visibles en juin sur les pieds de fenouil**** regroupés dans un grand massif rectangulaire. C’est positif pour la pérennité de ce magnifique papillon même si l’espèce est à plus ou moyen terme menacée. Qu’est-ce qui anime un jardinier à réaliser un tel projet ??? Il faut un état d’esprit particulier, être créatif et avoir un amour infini pour les fleurs et la nature. Les légumes, les arbustes et les arbres n’ont pas été oubliés pour autant. Le potager a quand à lui migré cette année sur le terrain du voisin, Frédéric, souffleur de verre de son état, qui a son atelier derrière la ferme Mession. Des légumes eux aussi noyés au milieu des fleurs qui leur confèrent un magnifique écrin.

 

Je vous invite à découvrir au plus vite ce jardin. Pour vous y rendre, cela demande quelques précisions. Il se situe sur les terres de la ferme Mession, rue du Fay à Cobrieux : ferme qui a été remarquablement restaurée par Jean-Pierre, son propriétaire. Le terrain appartient à ce dernier mais aussi à Frédéric, le souffleur de verre. Ils me prêtent gracieusement une partie de leurs terres, cela permet à l’endroit d’avoir un cachet supplémentaire et au jardinier de s’éclater. Le plus simple pour y arriver, c’est de passer par Cysoing, Bourghelles, puis de traverser Bachy par la grand route qui mène à Mouchin. A la sortie de Bachy, prendre la 1ère à droite, la rue Clémenceau. Suivre cette rue sur environ un kilomètre. Laisser la chapelle sur la droite. Vous vous retrouvez très vite en pleine campagne. La rue Clémenceau devient la rue du Fay. Après un dernier virage à droite (ne prenez pas la voie pavée en face), la ferme Mession se dessine à l’horizon, un peu plus loin sur la gauche. Elle est isolée en pleine campagne. En face du jardin se tient un blockhaus datant de la dernière guerre.

Je ne le répéterai jamais assez, mais le dépaysement est assuré ici pour celui qui vient de la ville.

Bruno le jardinier – le 21 juin 2009 -

 

 

*www.jardiniersdefrance.com

**nous allions revoir ce jardin le samedi 20 juin dans le cadre des activités de mon association « Jardinons Nature » (commentaires à suivre).

***j’habite sur la place du village avec Véronique qui m’est d’une aide précieuse pour jardiner, car nous avons cette passion commune du jardinage. Mes enfants Ludovic et Angéline que je salue ont participé eux aussi activement et dans la bonne humeur générale.

****Le fenouil bronze côtoie ici le vert qui est plus commun. Le contraste des deux est extraordinaire